« Le Vodun refuse la mort. » « Il n’y a aucun Vodun qui n’existe que pour tuer. » « Le Vodun prône une hygiène de vie. C’est pourquoi dans le Vodun, on ne canonise jamais un voleur, un malfaiteur. » « Si aujourd’hui le Vodun est diabolisé, est-ce la faute au Vodun lui-même ou à ses adorateurs ? »

Ces mises au point, lancées comme autant de déflagrations par le professeur Mahougnon Kakpo, ont donné le ton de la rencontre. À l’appel du Comité des rites Vodun, les dignitaires et fidèles de plusieurs obédiences se sont retrouvés dans la salle de conférence de la préfecture de Lokossa. L’objectif est de réfléchir aux pratiques du Vodun pour rendre cette spiritualité plus attrayante face aux réalités contemporaines.

C’est un exercice de vérité, sans complaisance auquel le professeur Mahougnon Kakpo s’est livré. Sa maîtrise de la parole et le choix des mots avec justesse pour dire le Vodun de l’intérieur lui ont valu admiration, acclamations et acquiescement.

Parmi les sujets sensibles abordés, l’exposition du sang. Le président de séance, aux côtés du professeur Dodji Amouzouvi, n’a pas mâché ses mots : le sang fait partie des aspects instrumentalisés « pour assimiler le Vodun à la sorcellerie ». D’où cette question lancinante : comment en améliorer l’exposition, non seulement pour des raisons d’esthétique, mais aussi pour protéger la sensibilité du public ?

« Des comportements dont le Vodun n’est pas demandeur»

La rencontre a mis sur la table une évidence. « Il y a des comportements et pratiques dont le Vodun n’est pas demandeur mais qui ont cours et entachent son attractivité. » a déclaré le président du Comité des rites Vodun.

Autre dossier brûlant : les questions d’internement. Il a insisté sur la nécessité de ne pas inhiber l’avenir professionnel des enfants — « pas un an en bloc ». Sans quoi, préviennent-ils, certains parents, même Vodunsi, refusent de laisser leur enfant dans le Vodun.

Cérémonies annuelles, hygiène et état civil

Les cérémonies annuelles qui perturbent la météorologie, l’hygiène, ainsi que la question des noms d’initiation face à l’état civil, ont également été passés au crible. Mahougnon a également déconseillé les contenus numériques médiocres, notamment sur TikTok, qui ternissent la réputation du Vodun.

Autant de chantiers ouverts pour dépoussiérer les pratiques sans renier l’essence.

TG

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