Le gouvernement poursuit sa démarche de proximité avec les populations. Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, était vendredi 11 septembre 2026 à Djougou pour expliquer les réformes et actions mises en œuvre par l’État et recueillir les préoccupations des citoyens. La rencontre, organisée à la Maison des jeunes, a essentiellement porté sur l’éducation, la santé, l’agriculture, la protection sociale et les conditions de déplacement des étudiants.
Une rencontre pour expliquer et écouter
Cette étape de Djougou s’inscrit dans le cadre des tournées gouvernementales destinées à rapprocher l’action publique des populations. À l’ouverture des échanges, le maire de Djougou, Idrissou Yaya, a salué une initiative qui permet, selon lui, de mieux faire connaître les décisions publiques tout en donnant aux citoyens l’occasion d’exprimer leurs attentes.
Dans le département de la Donga, plusieurs interventions publiques ont été engagées dans des secteurs prioritaires. Le maire a notamment évoqué l’accompagnement des producteurs agricoles, la modernisation des infrastructures marchandes, les initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes ainsi que les mesures destinées à la jeunesse et aux étudiants.
Le secrétaire général du département de la Donga a, pour sa part, relevé l’ampleur des transformations en cours dans différents domaines, notamment les infrastructures, l’économie, l’éducation, la santé, l’agriculture, la protection sociale et l’administration. Il a insisté sur la nécessité d’expliquer ces réformes aux citoyens afin de favoriser leur compréhension et leur appropriation.
Cantines scolaires : la Donga vers une couverture intégrale
À quelques jours de la rentrée scolaire, l’éducation a occupé une place importante dans les échanges. Wilfried Léandre Houngbédji a notamment mis en avant le programme des cantines scolaires, présenté comme l’un des dispositifs sociaux majeurs en faveur des enfants et des familles.
Selon les chiffres communiqués par le ministre, la Donga devrait atteindre une couverture de 100 % des écoles primaires publiques en cantines scolaires. « Tous nos enfants qui sont inscrits en maternelle ou à l’école primaire publique dans la Donga ont un repas chaud par jour », a-t-il déclaré.
À l’échelle nationale, le nombre d’enfants bénéficiaires devrait passer à environ 1,9 million à la rentrée, contre près de 1,4 million l’année précédente.
Pour le gouvernement, au-delà de l’amélioration de la fréquentation scolaire, cette politique contribue à alléger la charge des familles en garantissant aux enfants un repas quotidien pendant leur présence à l’école.
La scolarité des filles au cœur des priorités
Autre mesure présentée à Djougou : la gratuité de la scolarité des filles du primaire jusqu’au secondaire. Le ministre a invité les parents à profiter de cette disposition pour maintenir leurs filles dans le système éducatif et leur offrir les mêmes possibilités de réussite que les garçons.
La question des mariages précoces et forcés a également été abordée. Wilfried Léandre Houngbédji a appelé les familles à protéger les filles et à privilégier leur éducation.
« Quand ils sont enfants, leur place, c’est à l’école », a-t-il martelé, invitant les populations à respecter les dispositions légales relatives à la protection des mineures.
Pour le porte-parole du gouvernement, investir dans l’éducation des filles revient à investir dans l’avenir des familles et de la société. Une fille qui reste longtemps à l’école dispose, selon lui, de meilleures perspectives d’insertion et de participation au développement de sa communauté.
Urgences vitales : la prise en charge avant le paiement
Sur le volet sanitaire, le ministre a expliqué le principe de la prise en charge des urgences vitales. L’objectif est d’éviter qu’un manque immédiat de moyens financiers empêche ou retarde les soins nécessaires à une personne dont la vie est menacée.
Dans une situation d’urgence vitale, les soins doivent ainsi être engagés en priorité, le règlement des frais pouvant intervenir par la suite.
Cette mesure concerne notamment les victimes d’accidents ou les patients présentant des pathologies graves nécessitant une intervention immédiate. Le ministre a insisté sur l’importance du facteur temps dans ces situations, estimant que la recherche préalable de ressources financières ou de proches peut parfois faire perdre de précieuses minutes.
À travers ce dispositif, l’État entend renforcer l’accès aux soins et réduire les retards dans la prise en charge des patients en situation critique.
Agriculture : des incitations pour accroître la production
Compte tenu du poids de l’agriculture dans l’économie de la Donga, le secteur a également occupé une place importante dans les échanges. Wilfried Léandre Houngbédji a présenté plusieurs mécanismes d’accompagnement des producteurs, notamment l’accès à des équipements agricoles à des conditions préférentielles. Il a cité le cas des tracteurs dont le coût peut, selon les modalités évoquées, être réduit de moitié pour certains bénéficiaires, avec des possibilités de paiement échelonné. Le gouvernement souhaite également stimuler la production à travers des mécanismes de primes liées aux volumes destinés à la transformation locale.
Pour le coton, une prime potentielle de 10 francs CFA par kilogramme pourrait être accordée si la production nationale atteint 700 000 tonnes, soit une enveloppe annoncée de 7 milliards de francs CFA à répartir entre les producteurs concernés.
Pour le soja, un mécanisme similaire est envisagé pour les volumes destinés aux unités industrielles locales. Une prime de 10 francs CFA par kilogramme est annoncée pour une production de 450 000 tonnes, représentant une enveloppe de 4,5 milliards de francs CFA.
À travers ces incitations, l’exécutif entend simultanément accroître la production, améliorer les revenus agricoles et sécuriser l’approvisionnement des industries locales.
Les agriculteurs bientôt concernés par un dispositif de protection sociale
La protection sociale des producteurs constitue également l’une des annonces importantes de la rencontre.
Le gouvernement ambitionne de mettre progressivement en place un mécanisme permettant aux agriculteurs de bénéficier d’une couverture maladie et de préparer leur retraite grâce à un dispositif d’épargne.
Une phase pilote sera menée auprès de 2 000 producteurs de maïs sur une superficie de 3 000 hectares.
L’expérimentation reposera notamment sur l’utilisation de semences hybrides, l’apport d’engrais et l’accompagnement technique des producteurs. Les résultats obtenus devront permettre d’évaluer la pertinence du modèle avant son éventuelle extension à d’autres filières et à l’ensemble du territoire. L’enjeu est de faire de l’amélioration de la productivité agricole un levier permettant également de renforcer la sécurité sociale des producteurs.
63 bus neufs pour améliorer le transport universitaire
Les étudiants des universités publiques devraient eux aussi bénéficié de nouvelles mesures. Le ministre a annoncé la mise en circulation prochaine de 63 bus neufs destinés au transport des étudiants dans les différents centres universitaires du pays. Leur mise en service est annoncée pour le lundi 14 septembre 2026.
À Djougou, le dispositif devrait notamment profiter aux étudiants du centre universitaire d’agriculture rattaché à l’Université de Parakou. Le bus affecté à ce pôle pourra desservir les différents centres qui lui sont rattachés, notamment Djougou et Natitingou.
Cette mesure vise à réduire les difficultés de mobilité des étudiants et à améliorer leurs conditions d’études.
« Expliquer nos choix, mais aussi les écouter »
Pour Wilfried Léandre Houngbédji, ces rencontres ne doivent toutefois pas être réduites à une succession d’annonces gouvernementales. Elles constituent également des espaces d’écoute.
Le ministre a rappelé que le chef de l’État a donné instruction de maintenir un contact régulier avec les populations afin de leur expliquer les décisions prises par le gouvernement, mais aussi de recueillir leurs préoccupations.
« Il nous a particulièrement instruit depuis son investiture de maintenir le contact avec les populations pour leur expliquer nos choix, nos décisions, nos actions, mais aussi pour les écouter », a-t-il déclaré.
À Djougou, les échanges ont ainsi permis de mettre en lumière plusieurs mesures touchant directement le quotidien des citoyens, tout en faisant émerger des attentes relatives aux infrastructures, à l’emploi des jeunes, au soutien au secteur agricole et au développement économique local.
La rencontre aura finalement servi de tribune d’explication des politiques publiques et de cadre d’écoute des préoccupations locales. Reste désormais le défi de la mise en œuvre effective et durable des mesures annoncées, afin que les réformes présentées se traduisent concrètement par une amélioration des conditions de vie des populations.
Albérique Martial HOUNDJO



