La salle bleue du Palais des Congrès a abrité, le vendredi 04 septembre 2026, la première édition de la célébration de la Journée Internationale de la Jeunesse (Jij) organisée par le Parlement des Jeunes du Bénin (Pjb). Placée sous le thème « Jeunesse et Vision Bénin 2060 Alafia : bâtir aujourd’hui le Bénin de demain », la rencontre s’est tenue sous le parrainage du président de l’Assemblée Nationale (An), le professeur Joseph Fifamè Djogbénou. Elle s’inscrit par ailleurs, dans le cadre de la promotion du capital humain que représente cette dynamique jeunesse béninoise. L’événement a réuni des parlementaires, des représentants d’organisations internationales comme l’Unicef et la Banque mondiale, et d’autres partenaires, des associations de jeunesse, des cadres de l’administration, ainsi que de nombreux jeunes venus de différentes régions du pays.
Une rencontre qui place la jeunesse au centre de la stratégie nationale. Dans son allocution d’ouverture, Christel-Fourrier Donkpégan, Secrétaire Général Administratif (Sga), de l’An, représentant le président de l’An, a souligné que la jeunesse béninoise n’est plus seulement « la relève de demain », mais déjà « une force vive de la nation ». Il a, en effet, rappelé que le Bénin dispose d’un atout démographique majeur, et que les aspirations des jeunes, leur dignité, éducation de qualité, travail décent et participation citoyenne convergent, aussi bien qu’ils vivent à Cotonou, Natitingou, Parakou, Porto-Novo ou dans les communes rurales. Il a ainsi déclaré que « le Bénin de 2060 sera le produit direct des orientations actuelles de la société, géré et dirigé par la jeunesse d’aujourd’hui », avant d’appeler l’administration à considérer les jeunes comme des partenaires responsables, et non comme de simples bénéficiaires de programmes.
De son côté, Ruben Abikou, président du comité d’organisation, a insisté sur le caractère concret de la réflexion : « 2060 n’est pas une échéance lointaine, c’est une partie de notre propre vie. Que faisons-nous aujourd’hui pour que le Bénin de 2060 soit effectivement celui que nous voulons ? » Il a également remercié le président de l’An, le Professeur Joseph Fifamè Djogbénou, pour son parrainage, l’Unicef pour son appui technique et financier, ainsi que le ministère des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi (Pme/Pe), la mairie de Cotonou et les autres partenaires.
Pour sa part, le représentant de l’Unicef au Bénin, Ousmane, a rappelé que « le développement durable ne peut se faire pour les jeunes sans les jeunes ». Il a ainsi appelé à une participation significative, et non symbolique, des jeunes dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques.
Enfin, Guerschom Agbowakounou, président du Parlement des Jeunes du Bénin, a souligné les quatre atouts du pays : le positionnement géopolitique, les ressources naturelles, la transition numérique et le capital humain jeune. Il a invité la jeunesse à cultiver l’excellence, l’intégrité et le sens du bien commun, tout en rappelant que, si elle n’est pas préparée, elle risque de devenir un poids pour le développement national plutôt qu’un moteur.
Deux panels pour des pistes concrètes
Par ailleurs, cette première journée d’échanges a été marquée par deux panels qui ont permis aux participants d’approfondir la réflexion collective et de repartir avec des pistes d’action concrètes pour la suite du processus.
Le premier panel, modéré par le journaliste William Klikan, a porté sur « Vision Bénin 2060 Alafia : quelle place et quelle contribution de la jeunesse dans la construction du Bénin de demain ? ». Les échanges, auxquels ont pris part Orden Alladatin, député et président de la Commission des lois ; Cyriaque Edon, Directeur des Politiques de Développement ; et Mohamed Aboubakari, spécialiste des politiques sociales chargé des finances publiques, ont permis aux participants de mieux cerner les leviers institutionnels et budgétaires sur lesquels la jeunesse peut s’appuyer pour peser sur les décisions publiques.
Le second panel, animé par le sociologue-anthropologue Fabrice Fifonsi, a quant à lui traité de « Éducation, emploi et entrepreneuriat : comment préparer la jeunesse aux défis du marché du travail de demain ? ». Avec les interventions d’Urbain Amegbedji, Directeur Général de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (Anpe) ; de Kolade Okoudjou, Directeur de Cabinet du ministre des Pme/Pe; et du Docteur Gildas Nonnou, Directeur Adjoint de l’École Nationale d’Administration, les participants ont pu bénéficier d’éclairages pratiques sur les dispositifs d’insertion professionnelle existants, les filières porteuses et les démarches pour se lancer dans l’entrepreneuriat, autant d’outils qu’ils pourront mobiliser dans leurs propres parcours.
Une dynamique appelée à se poursuivre
Cette première édition de la Jij organisée par le Pjb n’a donc pas seulement servi de tribune : elle a marqué la volonté d’inscrire durablement la jeunesse au cœur de la construction du Bénin de 2060. Une seconde journée est d’ores et déjà annoncée pour clore la session ; elle devrait déboucher sur des résolutions concrètes, que les organisateurs entendent transmettre aux décideurs publics afin de nourrir les politiques en faveur de la jeunesse.
Ainsi la question posée par Ruben Abikou résume, en définitive, tout l’enjeu de cette rencontre : ce que la jeunesse fait aujourd’hui déterminera le pays qu’elle dirigera demain. Au-delà des discours, c’est la suite de cette dynamique et notamment les résolutions issues de la seconde journée qui déterminera si le Bénin de 2060 sera effectivement celui de la paix, de la prospérité et du bien-être commun.
Kouassi Oswald SIDOL
