Les annonces du gouvernement béninois en faveur d’une intégration accrue de l’intelligence artificielle dans l’administration commencent à se traduire dans les faits. Les nominations intervenues en Conseil des ministres le 2 septembre viennent donner une première traduction concrète à cette ambition. 

Le jeudi 20 août 2026, à Novotel Hôtel de Cotonou, lors du lancement du plan stratégique quinquennal du Conseil économique et social (Ces), le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, avait annoncé une orientation forte : faire de l’intelligence artificielle un outil transversal de l’action publique. « Aujourd’hui, le digital n’est plus un secteur à part. Le digital est désormais un secteur transversal », avait déclaré le ministre Aristide Médénou lors de son intervention. Évoquant la place grandissante de l’intelligence artificielle dans la transformation de l’administration, il avait également indiqué que le chef de l’État souhaitait que chaque ministre puisse disposer d’au moins un conseiller spécialisé en intelligence artificielle au sein de son cabinet.

Quelques jours plus tard, le Conseil des ministres est venu confirmer cette orientation par plusieurs nominations directement liées à l’IA. Au ministère du Budget et de la fonction publique, Wilfried Gandaho a ainsi été nommé conseiller technique à l’Intelligence artificielle. Au ministère de l’Énergie, de l’eau et des mines, Termyl Yahouedeou occupe également les fonctions de conseiller technique à l’Intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle fait également son entrée de manière ciblée dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mohamed Salifou a été nommé conseiller technique aux Programmes et projets de développement de l’intelligence artificielle et de la robotique.

Ces nominations ne sont donc pas sans lien avec les orientations annoncées quelques semaines plus tôt. Elles témoignent d’une volonté de faire sortir l’IA du seul champ technologique pour l’intégrer progressivement aux différents secteurs de l’action gouvernementale.

Une approche désormais transversale

L’ambition affichée est plus large que la simple création de postes spécialisés. Le ministre de l’Économie avait insisté sur le caractère transversal du numérique et de l’intelligence artificielle. L’objectif est notamment de permettre aux administrations et aux différents secteurs de l’État de mieux exploiter les possibilités offertes par ces technologies. Le gouvernement avait déjà donné le ton avec la création du ministère de la Transformation digitale et de l’innovation, en charge de la stratégie nationale d’intelligence artificielle.

Former et accompagner les porteurs d’idées

Lors du lancement du plan stratégique du Ces, Aristide Médénou avait également évoqué la nécessité de créer un environnement permettant aux jeunes porteurs d’idées de développer leurs projets dans le domaine de l’intelligence artificielle.

L’enjeu est ainsi double : doter l’administration de compétences capables d’intégrer l’IA dans les politiques publiques, mais aussi favoriser l’émergence d’un écosystème national autour de cette technologie.

Les nominations du 2 septembre apparaissent, dans cette perspective, comme une première matérialisation de l’orientation annoncée par le gouvernement. Elles traduisent progressivement le passage d’une vision générale du numérique à une organisation plus structurée de l’intelligence artificielle au sein de l’appareil d’État.

Reste désormais à voir comment ces nouveaux responsables traduiront leurs missions dans les politiques sectorielles et dans les services publics. Car au-delà des nominations, le véritable enjeu sera de transformer l’IA en levier concret d’efficacité administrative, d’innovation et de développement.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE 

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