Une renversante équipe des Amazones a contraint les quadruple quarts de finale, le Mexique au partage des points ce samedi 05 septembre 2026 en marge de la première journée du groupe A du mondial féminin U20 Pologne 2026. Menées 2-0 à la 54è minute de jeu, les pouliches du sélectionneur Abdoulaye Ouzérou ont trouvé les énergies nécessaires pour arracher le point du nul grâce notamment à un réveil spectaculaire de l’insatiable et sériale buteuse Romaine Gandonou. Un baptême de feu réussi pour les Amazones U20 dans ce prestigieux tournoi. Dans une sortie sur la télévision nationale (Bénin TV), Hugues Zinsou Zounon, Journaliste Reporter Sportif de Bénin TV a analysé et décrypté cette historique entrée des Amazones.
Que dites-vous de ce premier match dans cette Coupe du Monde avec un nul à la clé ? Faut-il s’en réjouir ?
Hugues Zinsou Zounon : « Salut à tous, salut à toutes. Oui, une belle rencontre de l’équipe béninoise, surtout au mental, parce que les béninoises ont été menées deux buts à zéro, ce n’est pas évident. Et comme des guerrières, elles ont pu réduire d’abord le score et puis égaliser grâce à une Romaine Gandonou, qu’on connaît dans le championnat national, qui est une joueuse très forte. Elle avait pratiqué l’athlétisme et là, elle démontre toute sa force dans cette phase finale de Coupe du Monde. »
Une Romaine Gandonou qui se révèle à chaque fois quand elle se met sur le terrain apparemment ?
»C’est une machine à marquer, c’est une machine à but, c’est franchement une joueuse exceptionnelle. Contrôle pied gauche, pied droit, franchement elle est très forte. Elle l’a encore prouvé cet après-midi. »
Un score nul, deux buts partout à l’arrivée. Est-ce un score auquel on pouvait s’attendre après le stage de préparation de ces Amazones U20 en France?
»Pas évident. C’est vrai que le gouvernement a mis énormément de moyens pour la préparation en région parisienne. Il fallait absolument cette préparation. Si les béninoises n’avaient pas joué contre l’équipe de France, je ne pense pas qu’elles allaient avoir autant de confiance dans cette rencontre. Elles étaient confiantes. Elles savaient qu’à un certain moment de la rencontre, elles pouvaient réduire le score et arriver à égaliser. Bravo à ces béninoises qui ont été, pour moi, héroïques sur cette rencontre. »
Mais qu’est-ce qui véritablement n’a pas marché pour que les Amazones U20 n’ont pas pu prendre le dessus sur le Mexique ?
»L’équipe mexicaine est à sa 11e participation. C’est une équipe expérimentée. C’est vrai que ce ne sont pas les mêmes joueuses, mais participer à plusieurs reprises à une phase finale de Coupe du Monde, ça vous donne de la confiance, de l’expérience aussi, l’expérience du staff technique. Et puis ce sont des joueuses qui sont assez mobiles sur la pelouse. On a vu, ce sont des petits formats, capables d’aller très très vite. On savait avant le début de cette rencontre que les béninoises n’ont pas la maîtrise individuelle et la maîtrise collective. Les mexicaines étaient au-dessus des béninoises. Donc, le coach, Abdoulaye Ouzérou a choisi de jouer bloc bas, bloc médian. Puis, en deuxième mi-temps, il y a eu cette détermination et surtout ce relâchement de l’équipe béninoise. »
Le premier but concédé par les Amazones est dû à une faute défensive. Est-ce une des résultantes de ce choix tactique du coach?
»Non, ça fait partie du jeu. S’il n’y a pas d’erreur, il n’y a pas de but. À un moment donné, il y a des temps forts, il y a des temps faibles. La première mi-temps n’était pas en faveur de l’équipe béninoise. Et puis en seconde mi-temps, parce qu’être mené de but à zéro, la gestion émotionnelle, la préparation durant des jours, et revenir à deux partout, moi je pense qu’elle a été brave cette équipe béninoise. »
Est-ce que c’est cette forte mentalité retrouvée qui a fait pleurer Romaine Gandonou à la fin de ce match?
»Elle se rappelle des moments difficiles passés à Akpakpa Dodomè, des moments difficiles passés dans l’Ouémé-Plateau. Elle vient d’une région où les gens adorent le sport, adorent le foot et elle prouve à la face du monde qu’elle est capable de marquer. Elle a marqué contre les nigérianes, elle a marqué contre les ghanéennes, elle a marqué contre l’équipe A de la Côte d’Ivoire. C’est une joueuse talentueuse et à chaque rencontre, elle marque toujours. Par ailleurs, c’est une joueuse à suivre de très près durant cette phase finale de Coupe du Monde. C’est vrai que sur le site de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), il n’y avait pas un grand zoom sur Romaine Gandonou, mais elle prouve par sa classe, par son talent, qu’elle a sa place parmi les 10 meilleures joueuses de cette compétition. »
Alors, le prochain match des Amazones U20, on sait que c’est face à l’Argentine. À votre avis, que faut-il faire pour décrocher la victoire ?
»Récupérer ! La récupération, parce que c’est une phase finale de Coupe du Monde. Il y a des filles qui ont fait 10 voire 12 kilomètres. Donc l’ostéopathe va travailler ce soir, demain, le kinésithérapeute, le médecin. Après la récupération, il va falloir aborder cette rencontre face à l’Argentine en gardant les valeurs de l’équipe béninoise (jouer bloc bas, jouer bloc médian) et surtout miser sur des individualités telles Germaine Honfo et Romaine Gandonou. »
On croise donc les doigts pour les Amazones U20, pour le prochain match?
»Absolument, on n’a pas le choix. Je profite pour féliciter et la fédération et le gouvernement et les joueuses, les joueuses qui sont volontaires. Finalement on se rend bien compte que : Plus vous travaillez, plus vous misez sur la formation, le résultat est là. »
Jeraud LANGANFIN GLELE



