Les techniciens des médias sont appelés à ne plus seulement suivre les transformations du numérique, mais à les anticiper. C’est l’un des principaux enseignements de la deuxième édition de la Journée du technicien des médias, organisée actuellement à Parakou, à l’hôtel Les Triangles, autour du thème : « De l’auto-formation à l’expertise : valoriser ses compétences pour répondre aux défis modernes ». La rencontre réunit des techniciens et professionnels des médias venus des quatre départements du Nord-Bénin, en présence notamment des conseillers de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Lionel GBEGONNOUDE et Armand HOUNSOU.

Échanges et partage d’expériences, communications thématiques, réflexion et mise en action : le programme de cette deuxième édition entend dépasser le simple cadre d’une rencontre professionnelle. Pour Lionel GBEGONNOUDE, cette journée poursuit un triple objectif : favoriser la rencontre et les échanges entre techniciens, renforcer leurs capacités aussi bien sur les techniques que sur le développement personnel, mais également créer un espace permettant de réfléchir à des projets d’intérêt commun. « Le technicien des médias est l’homme de l’ombre », rappelle le conseiller de la HAAC, qui estime que l’évolution rapide du numérique impose désormais aux professionnels de rester constamment à niveau. Pour lui, le défi n’est plus seulement de suivre les changements, mais de les anticiper.

De l’expérience professionnelle à l’expertise

La première communication, animée par Joël SENAHOU, consultant indépendant en technique audiovisuelle, a porté sur le thème « Parcours professionnel d’un professionnel des médias ». À travers cette intervention, les participants ont été invités à réfléchir sur les trajectoires professionnelles, l’expérience accumulée et la nécessité de transformer les acquis du terrain en véritables compétences valorisables. L’enjeu est notamment de ne pas considérer l’auto-formation comme une solution provisoire, mais comme un levier permanent de progression professionnelle.

Face à l’IA, le technicien doit changer de posture

La deuxième communication a davantage plongé les participants au cœur des mutations actuelles. Animée par Gaston YAMARO, formateur et consultant international en production audiovisuelle, elle était consacrée à « La facilitation du métier de technicien à l’ère de l’intelligence artificielle ». Les échanges ont permis d’interroger la place du technicien dans un environnement où l’intelligence artificielle transforme progressivement les méthodes de production audiovisuelle.

Une formule du communicateur a particulièrement marqué les esprits : « Le technicien doit être un apporteur de solutions à l’ère de l’intelligence artificielle. »

Une invitation à changer de posture. Avec l’arrivée de nouveaux outils, le technicien ne devrait plus se limiter à l’exécution, mais développer sa capacité à analyser, proposer, résoudre et accompagner les transformations du secteur.

Les compétences techniques ne suffisent plus

La troisième communication, animée par Yannick OTCHOUMARE, coach en développement personnel et en leadership, a porté sur le thème « Se construire au-delà des compétences professionnelles ». Une manière de rappeler que l’expertise technique ne constitue qu’une partie du parcours professionnel. Le développement personnel, le leadership, la capacité d’adaptation et les aptitudes relationnelles deviennent également déterminants dans un secteur en pleine mutation.

Un satisfecit des participants

Au terme des différents échanges, les participants affichent leur satisfaction. Pour Ganiou Dossoumoun, cette deuxième édition constitue une occasion pour les techniciens de mieux s’ouvrir aux transformations de leur environnement professionnel et de s’adapter aux défis du temps.

La journée apparaît ainsi comme un espace où les professionnels ne viennent pas seulement recevoir des connaissances, mais également confronter leurs expériences, identifier leurs difficultés et envisager de nouvelles possibilités de collaboration.

À travers cette deuxième édition, les organisateurs veulent ainsi replacer le technicien au centre des mutations qui traversent les médias. Dans un environnement marqué par l’intelligence artificielle, la transformation numérique et l’évolution constante des métiers de l’audiovisuel, l’enjeu est désormais clair : se former, se réinventer et anticiper.

Car l’homme de l’ombre dont parle Lionel GBEGONNOUDE pourrait bien être appelé, demain, à jouer un rôle beaucoup plus visible : celui de professionnel capable non seulement de maîtriser les outils, mais surtout de proposer des solutions aux nouveaux défis des médias.

Fayçal DRAMANE

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