La première édition du Sommet de la Jeunesse de Kouandé a transformé la Maison des jeunes en tribune de réflexion et d’engagement. Au milieu des débats sur l’emploi, la formation, le financement et l’avenir de la commune, le Directeur Général de l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, Kassoumou Nassirou, a livré un message sans détour, a jeunesse doit dépasser les clivages, se rassembler et accompagner la dynamique portée au sommet de l’État par Romuald Wadagni.
Du 26 au 28 août 2026, la Maison des jeunes a accueilli la première édition du Sommet de la Jeunesse de Kouandé, organisée par la Mairie des Jeunes de Kouandé, émanation locale du Gouvernement des Jeunes du Bénin. Six arrondissements, une même enceinte et une ambition affichée, faire de la jeunesse non plus une simple bénéficiaire des politiques publiques, mais une force capable de penser et de porter le développement de sa commune.
La devise du sommet, « Unis pour l’excellence et l’innovation, Construire l’avenir ensemble », résumait à elle seule l’état d’esprit des rencontres.
Derrière les discours, les participants ont mis sur la table des préoccupations très concrètes. Accès à l’emploi, formation professionnelle, financement des initiatives, entrepreneuriat, agriculture, innovation et participation des jeunes à la gouvernance locale.
Mais au-delà des recommandations techniques, un sujet a progressivement occupé le centre de la scène. L’unité de la jeunesse et sa capacité à peser collectivement sur l’avenir de Kouandé.
Le moment le plus atypique du sommet est venu avec l’intervention de Kassoumou Nassirou, Directeur Général de l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (OFFE).
Face aux représentants de la jeunesse venus des différents arrondissements, son discours a pris la forme d’un appel à la responsabilité générationnelle. Il ne s’est pas contenté d’évoquer les difficultés auxquelles les jeunes sont confrontés. Il les a renvoyés à leur propre capacité à construire un rapport de force positif autour des intérêts de leur commune.
Son message tient en une formule , faire bloc. Pour Kassoumou Nassirou, les jeunes de Kouandé doivent apprendre à se retrouver autour de l’essentiel, au-delà des appartenances et des querelles politiques héritées. Dans cette perspective, il les a exhortés à soutenir la dynamique incarnée par le président de la République, Romuald Wadagni, et à transformer cette proximité politique en opportunité pour le développement local.
« Notre pays a indiqué la trajectoire. Le meilleur portage du développement est assuré par la jeunesse. Nous devons saisir cette opportunité, cette main tendue et cette couverture du président de la République, Romuald Wadagni, pour faire de Kouandé le pionnier du développement territorial », a déclaré le Directeur Général de l’OFFE.
Derrière l’appel, une conviction, le renouvellement générationnel ne doit pas s’arrêter aux portes des institutions nationales. Il doit également se traduire dans les communes, dans les associations, dans les initiatives économiques et dans la manière dont les jeunes conçoivent leur rôle dans la cité.
Dans son intervention, Kassoumou Nassirou a également déplacé le débat. À ses yeux, réclamer davantage d’opportunités à la collectivité ne suffit pas. La transformation d’une commune passe par des individus capables de se former, d’entreprendre, de s’organiser et de prendre des responsabilités.
« Quand les jeunes avancent, leur communauté avance. Le développement local donne un terrain pour agir, et le développement personnel donne les armes pour agir efficacement », a-t-il souligné.
Une manière de rappeler que le développement territorial ne se décrète pas uniquement depuis les bureaux administratifs. Il se construit aussi dans les salles de formation, les exploitations agricoles, les ateliers, les petites entreprises, les associations et les espaces où une génération apprend à transformer une idée en projet.
À Kouandé, cette question prend une résonance particulière. Le potentiel existe. Les ressources humaines aussi. Reste à créer les conditions permettant à cette énergie de devenir une force économique et sociale durable.
Quatre leviers pour passer du discours aux résultats
Les échanges du sommet ont permis de faire émerger plusieurs priorités.
Les jeunes ont notamment identifié la formation aux métiers d’avenir, l’accès au financement, la création d’espaces d’innovation et la participation directe aux décisions locales comme des leviers essentiels.
Parmi les propositions avancées figurent la facilitation de l’accès au microcrédit destiné aux jeunes, ainsi que la mise en place d’un budget participatif au niveau de la mairie.
L’enjeu est désormais de ne pas laisser ces propositions se dissoudre dans le traditionnel après-sommet.
Kassoumou Nassirou a d’ailleurs invité les participants à privilégier un document de plaidoyer resserré, articulé autour de cinq ou six propositions prioritaires, réalistes et directement défendables auprès des autorités communales, préfectorales et gouvernementales.
Autrement dit, moins de revendications dispersées, davantage de résultats mesurables.
Le passage le plus marquant de son intervention réside peut-être dans son appel à une forme de trêve politique.
Dans une commune où les sensibilités politiques peuvent parfois se retrouver en compétition, le DG de l’OFFE a invité la jeunesse à ne pas reproduire les fractures héritées des générations précédentes.
« Ne répétons pas les erreurs du passé. Ne semons pas sur les divisions des aînés », a-t-il lancé.
L’idée est simple, mais profondément ambitieuse. Réserver les prochaines années au travail, à la solidarité et à la construction, plutôt qu’aux affrontements permanents.
Cette trêve ne signifie pas l’effacement du débat politique. Elle suppose plutôt que les divergences ne deviennent pas un obstacle au développement de la commune.
À Kouandé, le message prend donc la forme d’un pari. Une jeunesse capable de parler d’une seule voix lorsqu’il s’agit de défendre l’intérêt territorial, tout en conservant sa liberté de réflexion et sa capacité de proposition.
La première édition du Sommet de la Jeunesse de Kouandé s’achève ainsi avec une question qui dépasse les trois jours de rencontres. Que restera-t-il de cette mobilisation lorsque les chaises seront rangées et que la Maison des jeunes retrouvera son calme ?
La réponse dépendra moins des discours prononcés que de la capacité des jeunes à transformer leurs résolutions en actions.
Former. Entreprendre. Financer. Innover. Participer. Plaider.
Ces mots ne valent que par les résultats qu’ils produiront dans les mois à venir.
L’appel de Kassoumou Nassirou vient donner à cette équation une dimension supplémentaire. Rassembler la jeunesse autour d’une ambition commune et faire de Kouandé une commune capable de porter elle-même son développement.



