À Nikki, les tambours sacrés, les cinq dynasties et les rites ancestraux donnent le ton à trois jours de célébration. Ce mardi 25 août 2026, Nikki a donné le coup d’envoi de la Gaani 2026, un grand rendez-vous de trois jours consacré à la célébration de l’histoire et de la culture baatonu et boo. Pour cette édition, présentée comme la quatrième Gaani de Sa Majesté Sina Boko Touko Sari, 41ᵉ empereur du Barutem, les cinq dynasties glorieuses ont effectué leur entrée au palais avant la sortie solennelle des tambours sacrés. Entre sonorités royales, rites ancestraux et animations folkloriques, la cérémonie rappelle la profondeur historique et spirituelle de l’Empire de Nikki.
Les cinq dynasties au rendez-vous
La cérémonie a été marquée par l’arrivée successive des cinq dynasties venues saluer le Sina Boko conformément aux traditions Wasangari.
Les dynasties Makararou, Korarou, Sinekarawé, Lafiarou et Gbassi ont ainsi fait leur entrée auprès du souverain. À chaque passage, des animations folkloriques issues de différentes aires culturelles du Nord du Bénin ont accompagné les cérémonies.
Cette succession de gestes et de sonorités donne à la Gaani une dimension à la fois politique, culturelle et mémorielle.
Les tambours sacrés, au cœur du rituel
L’un des moments majeurs de cette première journée était la cérémonie souveraine de sortie des tambours sacrés, appelés « Bara bakanou » en baatonum.
Ces instruments royaux sont exclusivement liés au palais de Nikki et à l’aire culturelle baatonu et boo. Selon la tradition, ils symbolisent l’âme du royaume ainsi que la mémoire des rois passés et présents.
Leur sortie constitue donc bien davantage qu’une séquence musicale. Elle s’inscrit dans un rituel qui relie le pouvoir royal, les ancêtres et la communauté.
La manipulation des tambours sacrés est réservée à la caste des griots Tufarou, des griots spécialisés. Leur chef porte le titre de Tufarou kpè.
La cérémonie a également été marquée par l’entrée du Ba Guinin, guide spirituel et gardien du village de Ouenou, présenté comme le berceau originel et l’embryon historique de l’Empire de Nikki.
Sa présence rappelle la dimension spirituelle de la Gaani.
Avant la sortie des tambours sacrés, une prière de permission aux mânes des ancêtres a ainsi été formulée. Elle demande notamment leur protection, l’ouverture du chemin et la réussite de la cérémonie.
Une mémoire qui continue de résonner
À travers les cinq dynasties, les trompettes Kankangi, les Toufarou, les tambours sacrés qui ont donné le ton autour de 18h et les rites de permission aux ancêtres, cette première journée de la Gaani 2026 met en scène une mémoire qui refuse de disparaître.
Fayçal DRAMANE


