Lancé en 2019 pour répondre aux besoins en personnel enseignant dans les écoles et collèges, le dispositif des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) était présenté comme un mécanisme de pré-insertion professionnelle. Mais sept ans après les premières vagues de recrutement, une question s’impose désormais : jusqu’à quand peut-on rester « aspirant » après avoir passé plusieurs années à exercer effectivement le métier d’enseignant ?
En 2019, des milliers de jeunes ont intégré les établissements scolaires dans le cadre du Programme spécial de pré-insertion dans l’enseignement. Leur mission était claire : contribuer à combler le déficit d’enseignants tout en bénéficiant d’une première expérience professionnelle.
Depuis, le temps a passé. Les premiers recrutés comptent aujourd’hui environ sept années de présence dans le système éducatif. Certains s’apprêtent même à entamer leur huitième année. Pendant tout ce temps, ils ont assuré des cours, évalué des apprenants, préparé des leçons et participé, au quotidien, au fonctionnement des établissements scolaires.
Si le terme « aspirant » pouvait se comprendre dans le cadre d’un dispositif de pré-insertion, il devient plus difficile à justifier lorsque celui qui l’arbore exerce depuis plusieurs années les mêmes missions dans les salles de classe sans perspective clairement définie.
Jusqu’à quand resteront-ils aspirants ? Et surtout, quelle perspective professionnelle pour ceux qui ont déjà consacré sept, bientôt huit années, à l’enseignement ? Ces questions appellent désormais une réponse claire des autorités compétentes. Ceci, d’autant plus que le Bénin poursuit ses efforts de réforme et d’amélioration de son système éducatif. En réalité, la qualité de l’enseignement dépend aussi de la stabilité, de la motivation et de la valorisation de ceux qui sont quotidiennement devant les apprenants.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



