Rendre les services financiers, médiatiques et d’accompagnement plus accessibles aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de handicap. C’est l’ambition affichée d’une formation-sensibilisation sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises organisée du 10 au 12 août 2026 à l’hôtel No Stress de Grand-Popo.

L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet IYBA-SEED, financé par l’Union européenne et mis en œuvre au Bénin par SNV Bénin et Expertise France. Elle cible les acteurs clés de l’écosystème : banques, Systèmes Financiers Décentralisés, médias, services des pouvoirs publics et faîtières professionnelles. L’objectif est de renforcer leur capacité à intégrer la durabilité et l’inclusion dans leurs offres, leurs mécanismes de financement et leurs contenus.

De la théorie à la pratique

Pendant trois jours, les participants ont suivi six modules progressifs. Au programme : fondamentaux de la RSE, gouvernance, droits humains, chaîne de valeur, pilotage et reporting responsable.

La pédagogie a mis l’accent sur l’application directe. Chaque séquence a été prolongée par des cas pratiques. Cartographie des parties prenantes, analyse de l’accessibilité d’un produit financier, construction d’un plan d’action SMART, définition d’indicateurs de suivi.

Des séquences interactives baptisées « Instant LUDIA » ont rythmé la formation. Sous un format ludique, elles ont permis de tester les acquis, maintenir l’attention et identifier les notions à approfondir. Une approche qui a suscité une forte adhésion et favorisé l’apprentissage entre pairs.

Repositionner la RSE comme stratégie d’entreprise

Premier acquis majeur de la session : sortir la RSE du champ de la philanthropie. Elle a été présentée comme une démarche stratégique de gestion des impacts économiques, sociaux, environnementaux et de gouvernance.

Les cadres de référence ISO 26000, Objectifs de Développement Durable et Pacte mondial ont été décortiqués et reliés au contexte béninois. Les notions de parties prenantes, de matérialité et de risques ESG ont servi de fil conducteur.

La réflexion a surtout été déplacée vers l’influence de ces structures sur les entreprises qu’elles accompagnent. Pour une banque ou un SFD, la question porte sur les critères d’éligibilité, les garanties et l’accompagnement non financier. Pour un média, elle concerne les choix éditoriaux et la visibilité accordée aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de handicap.

La question centrale posée aux participants : nos produits et services sont-ils réellement accessibles à tous les entrepreneurs auxquels nous prétendons nous adresser ?

Dix pistes pour transformer les acquis

La formation n’est qu’une première étape. Son impact dépendra de la mise en œuvre dans les mois à venir. Dix recommandations ont été formulées pour consolider la dynamique.

Il s’agit notamment de désigner un point focal RSE dans chaque structure, de réaliser un diagnostic rapide, d’adapter au moins une offre aux jeunes entreprises, d’analyser les barrières rencontrées par les femmes entrepreneures et d’intégrer l’accessibilité et le handicap dans les produits et services.

D’autres pistes portent sur la formalisation d’un plan d’action réaliste, l’introduction progressive de critères ESG dans les relations avec les partenaires, la définition d’indicateurs d’inclusion selon l’âge, le genre et le handicap, et l’organisation d’un suivi à trois et six mois. La capitalisation et la diffusion des bonnes pratiques complètent le dispositif.

 Un enjeu pour tout l’écosystème

Les banques, SFD et médias jouent un rôle déterminant dans l’environnement des entreprises. En faisant évoluer leurs critères, leurs produits et leurs contenus, ils peuvent lever des freins structurels qui limitent l’accès au financement et à la visibilité.

Avec cette session, le projet IYBA SEED pose les bases d’un écosystème entrepreneurial béninois plus responsable. L’objectif final reste que les jeunes entreprises, celles dirigées par des jeunes et des femmes, ainsi que les entrepreneurs en situation de handicap, accèdent plus équitablement aux financements, à l’accompagnement et aux opportunités.

Le défi désormais est de transformer ces trois journées de Grand-Popo en changements concrets et durables.

Thomas AZANMASSO 

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