À Gbègbomey Houèkèkomey, dans la commune de Sô-Ava, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable calvaire. Depuis le 28 juillet 2026, le seul château d’eau du village est en panne, rapporte Bip Radio. Près de 5 000 habitants se retrouvent ainsi privés de leur principale source d’approvisionnement en eau.

Pour survivre au quotidien, les populations n’ont d’autre choix que de parcourir jusqu’à trois kilomètres pour s’approvisionner dans des bas-fonds. Le problème : l’eau qui y est recueillie est stagnante et fortement exposée aux contaminations. « Les bétails vont également rejeter leur matière fécale dedans. Il y a aussi des passagers qui travaillent au bord, dans les champs, et qui rejettent également leur matière fécale dedans », témoigne un habitant au micro de Bip Radio.

Cette eau est pourtant utilisée pour boire, préparer les repas, faire la lessive et abreuver les animaux. Certaines familles, faute de moyens, la consomment même sans traitement préalable et la donnent aux enfants. La situation devient d’autant plus préoccupante que, selon les témoignages recueillis, des cas de maladies hydriques sont déjà signalés chez des enfants.

Des alertes restées sans réponse

Le point d’eau du village existe depuis 1990 et constitue, depuis des décennies, la principale source d’approvisionnement des habitants. Pourtant, les populations affirment avoir signalé les défaillances des équipements depuis plusieurs années. « Depuis quatre ans, on remontait l’information. Trois ans, deux ans, rien n’a été fait », déplore un habitant.

Aujourd’hui, la panne du château d’eau transforme une difficulté ancienne en véritable urgence sanitaire. Dans ce village situé dans une zone lacustre, où les habitants doivent déjà composer avec les contraintes liées à l’eau et aux déplacements, l’absence d’eau potable devient particulièrement alarmante.

L’urgence est là

À Gbègbomey Houèkèkomey, ce n’est plus seulement une question de confort. C’est une question de santé publique. Chaque jour qui passe contraint davantage de familles à utiliser une eau dont la qualité est fortement douteuse. La population lance donc un appel pressant aux autorités compétentes. Elle demande la réparation urgente du château d’eau afin que l’eau potable puisse à nouveau couler dans les foyers. À Gbègbomey, l’eau manque. Mais surtout, le temps presse.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE 

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