Ils gardent les clés, les rêves et les peurs de toute une école. Avant le premier cours et après la dernière sonnerie, ce sont eux qui veillent. Les gardiens des écoles publiques parfois mal payés, souvent sans contrat et jamais cités dans les rapports, ces acteurs portent pourtant sur leurs épaules une part entière de la mission éducative. Dans un système qui parle d’excellence et d’insertion, eux restent à la porte. Une immersion dans leur vie, nous permet de mieux savoir.
Placé sous anonymat, un gardien d’une école publique veille «depuis près de 18ans». Âgé de 73 ans, il explique que sa mission va bien au-delà d’ouvrir et fermer un portail. Le matin il est le premier rempart. Il veille à l’entrée des maîtres et maîtresses ainsi que les élèves. Le soir quand tout le monde est parti, « je deviens le gardien du lieu et même bien quand les écoles sont en vacances. Je fais des rondes pour que personne ne saccage les salles, ne vole le matériel, ne transforme l’école en terrain de désordre». Il protège ce que des années d’efforts ont construit. Malgré cette charge quotidienne, son salaire peut parfois être versé avec retard. Il raconte qu’il a «choisi ce travail par manque d’alternative». Selon lui «une école sans gardien tient difficilement une semaine ». Mais quand vient la rentrée et les réunions, son nom est rarement cité. Il affirme, « le plus dur ce n’est pas la fatigue ni les nuits à affronter les voleurs. Le plus dur c’est le sentiment de ne servir à rien aux yeux des autres ».
Cette invisibilité est structurelle. Bah Fina Idrissou, gardien de l’École Primaire Publique la Montagne à Parakou affirme que «dans la plupart des écoles, le gardien n’est pas considéré comme personne faisant partie du personnel éducatif. Il dépend directement du promoteur et échappe aux conventions collectives. Pas de contrat clair, pas de formation, pas d’équipement».
Un directeur d’école, interviewé sous anonymat, reconnais le problème. Il explique que « les frais de scolarité n’augmentent pas mais les charges des établissements s’alourdissent toujours. Alors le premier poste qu’on néglige c’est celui du gardien ». Il ajoute, que « pourtant l’école ne dois pas rester sans surveillance une seule nuit. Il faut changer de regard sur cette couche de personnes mais tant que l’État ne subventionne pas ce côté cela resteras toujours difficiles»
Pour lui, il faudrait changer de regard sur cette couche de travailleurs. Il a donc proposé d’intégrer les gardiens dans les plans de formation continue, ne serait-ce que pour reconnaître leur rôle et leur travail.
Si les institutions étatiques, publiques ont des agents de sécurité (gardiens) qui sont issus des sociétés de gardiennage et qui subissent des supervisions régulières, pourquoi les écoles publiques sont mises à l’écart dans l’obtention de ces types de gardiens.
Lys Ledestin KADA ( Stg)



