‎Après une dizaine de jours de fortes tensions, le climat semble s’être un peu apaisé au sein du comité de Mathurin De Chacus à l’approche de la prochaine élection à la Fédération béninoise de football (FBF). Cette accalmie, observée ces derniers jours, intervient à la suite de plusieurs échanges jugés déterminants, notamment une rencontre tenue dans un hôtel de Cotonou entre le président sortant, certains membres de son bureau et des délégués, ainsi qu’une autre réunion plus restreinte organisée dimanche dernier à son domicile, consacrée à la question de la succession.

Selon les déclarations de l’He Chantal Ahyi après séance, cette deuxième rencontre, est présentée par comme une « réunion d’étape » qui aurait permis de dégager une orientation de principe : celle d’une liste portée par le comité sortant, sous la conduite de son président, afin d’assurer la continuité des acquis dans un esprit de consensus. Dans un contexte encore marqué par des ambitions diverses, cette perspective apparaît pour plusieurs acteurs comme une tentative de ramener de l’ordre et de préserver l’équilibre construit au fil des années.

‎‎Mais entre volonté de continuité et une succession apaisée, une alerte subsiste : la question de l’éthique. Un débat, risque de fragilisation prend corps au sein du camp sortant: la  conformité des candidatures aux exigences statutaires et réglementaires. Dans un processus aussi sensible, la présence d’acteurs dont la situation administrative ou disciplinaire soulève encore des interrogations peut fragiliser une liste et offrir des arguments à ses adversaires. À ce titre, plusieurs observateurs estiment qu’il serait risqué de bâtir une stratégie électorale sur des profils sujet de contestations, au moment même où l’enjeu principal devrait rester la stabilité de la FBF.

‎‎C’est dans ce cadre que se pose, de manière plus générale, la question de la place de certains  responsables de l’administration fédérale et des membres du comité sortant dans l’après-Mathurin De Chacus. Certains disposent d’une réelle expérience, d’une énergie reconnue et d’une connaissance approfondie des rouages du football béninois. Mais cette valeur ajoutée ne saurait produire ses effets que si elle s’inscrit dans une logique de sécurisation juridique, institutionnelle et morale.

‎‎Pour le président sortant, le défi est désormais clair : éviter toute erreur de casting qui pourrait fragiliser une transition attendue dans la sérénité. Dans un environnement où les adversaires n’attendent souvent qu’un faux pas pour reprendre le contrôle du jeu, la prudence semble plus que jamais de mise. Une liste de continuité ne peut en effet prospérer que si elle repose sur l’éthique, des profils irréprochables, capables d’unir plutôt que de faiblir l’équilibre.

‎‎Au-delà des personnes, l’enjeu est celui de la préservation de la bonne image et du travail accompli au cours des huit dernières années loin des susceptibilités, des à-priori, des clivages. Les soutiens de la gouvernance actuelle estiment qu’il serait dommage de laisser des maladresses internes offrir un avantage à ceux qui espèrent transformer cette élection en terrain de revanche. Le football béninois a trop besoin de sérénité pour s’autoriser des fractures ouvertes évitables.

‎À quelques semaines du scrutin, la vigilance reste donc de mise. La succession doit se jouer sous haute vigilance. La continuité, si elle doit être portée, devra l’être avec éthique, rigueur, discernement et sens de la responsabilité. Car en matière de succession, mieux vaut prévenir que réparer après coup. Ce qui est parfois chose impossible. Mathurin De Chacus est donc face au défi d’une liste irréprochable

Jeraud LANGANFIN GLELE

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