L’installation imminente du Sénat ravive le débat sur la participation de l’ancien président Boni Yayi comme membre de droit. Entre repositionnements politiques récents et déclarations de proches, l’opinion attend sa clarification définitive.
L’installation du Sénat est imminente. Alors que qu’elle est prévue dans quelques semaines, la participation de tous ses membres fait débat. À cet effet, la question de la présence de Thomas Boni Yayi au sein de cette future chambre haute cristallise l’attention de la classe politique béninoise. En tant qu’ancien président de la République, la Constitution lui confère le statut de membre de droit du Sénat. Pourtant, au plus fort de ses activités au sein de l’opposition notamment le parti Les Démocrates, l’ex-chef de l’État avait publiquement formulé son refus d’occuper ce siège, en cohérence avec la ligne de contestation des réformes institutionnelles portées par sa famille politique d’alors. Seulement, les développements politiques récents ont modifié cette trajectoire. En effet, le départ officiel de Boni Yayi de la présidence du parti d’opposition a constitué un premier effet. Mieux, ce détachement partisan s’est doublé d’un signal fort lors de sa présence remarquée à la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni. Ces événements successifs ont alimenté les conjectures au sein de l’opinion publique quant à une remise en cause de sa posture vis-à-vis des institutions actuelles et, par extension, de sa participation effective aux travaux du Sénat. Face à la multiplication des rumeurs, des cadres politiques tentent d’apporter un éclairage sur ses intentions. C’est le cas d’Eugène Azatassou, collaborateur de longue date et figure proche de l’ancien président. Ce dernier s’est exprimé publiquement pour soutenir l’idée que Boni Yayi doit effectivement siéger au Sénat. Pour justifier cette position, le proche allié évoque la nécessité institutionnelle de faire valoir l’expérience d’un ancien dirigeant au sommet de l’État. Selon cette perspective, le rôle de membre de droit dépasse les clivages partisans et constitue un devoir républicain auquel l’ancien chef de l’État ne devrait pas se soustraire, indépendamment des choix politiques passés. Cependant, cette sortie d’un premier cercle de fidèles ne saurait occulter une réalité méthodologique. Eugène Azatassou lui-même s’accorde à reconnaître que les analyses et les projections de l’entourage ne sauraient engager la décision finale. Toute déclaration extérieure reste soumise à la validation de l’acteur principal. Mais jusqu’à présent, aucun canal officiel n’a transmis de notification de désistement ou d’acceptation signée de la main de l’ancien président auprès des services de l’Assemblée nationale ou de la Commission électorale. Le flou entretenu par Boni Yayi depuis plusieurs mois laisse le champ libre aux interprétations divergentes des différents observateurs. Alors que le calendrier législatif s’accélère et que la date de la séance d’installation officielle du Sénat approche, la pression s’accroît sur l’ancien chef de l’État. Pour l’opinion publique et les acteurs politiques des deux bords, seule une prise de parole claire et sans intermédiaire permettra de lever les incertitudes et de clore définitivement ce chapitre de transition institutionnelle.
J.G



