Où en sont les pourparlers entre le Bénin et le Niger, dans la perspective de l’ouverture des frontières ? Le dernier acte de cette promesse, après la visite de Romuald Wadagni au Niger, le 02 juin 2026, a été la réunion paritaire tenue à Cotonou les 20 et 21 juin 2026. Au terme de cette réunion, présidée d’une part par le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité publique, et d’autre part par le ministre béninois de l’Intégration africaine, Olushegun Adjadi Bakari, les deux délégations ont accordé leurs violons sur plusieurs points. Il a été dit que les conclusions seront soumises à l’appréciation des présidents Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani. Cela fait déjà plus de trois semaines, et plus rien.
Des conclusions de ces assises, il a été mentionné que le Niger tient à ce qu’il soit signé, avant toute chose, un accord bilatéral de défense et de sécurité fondé sur le principe de non-agression, interdisant l’utilisation du territoire de l’un des deux États pour mener des actions hostiles ou de déstabilisation contre l’autre. La seconde condition qu’exige le Niger, c’est une transparence sur les dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité des frontières nigériennes. Cette condition est assortie de la création d’une cellule de renseignements conjointe destinée à mutualiser les informations stratégiques face à la menace des groupes armés. Est-ce à ce niveau que les discussions achoppent ?

Or, ces exigences ont été toujours exprimées par le Niger depuis le coup d’État du 26 juillet 2023. En réponse, la porte-parole du gouvernement d’alors avait toujours affirmé que le Bénin était prêt à une visite guidée avec les responsables de l’armée nigérienne dans les zones où le Niger soupçonne la présence de terroristes ou de troupes françaises hostiles. Cela ne devrait donc pas constituer un obstacle à l’avancée des négociations, lesquelles devraient aboutir enfin à l’ouverture des frontières Bénin-Niger. Pendant que les populations, des deux côtés des frontières s’impatientent, une bonne nouvelle de coopération militaire contre le terrorisme dans les régions frontalières est venue du Burkina-Faso.
Coopération militaire entre le Bénin et le Burkina-Faso à Koulou Koualou

Le 02 juin, Wadagni était également à Ouagadougou pour réchauffer les relations entre les deux pays. Quelques semaines après cette visite, on note déjà des retombées sur le terrain. Il s’agit de l’arrivée de l’armée burkinabè dans la zone de Koulou Koualou, une zone critique jadis abandonnée par l’armée burkinabè face aux velléités des groupes terroristes. Pendant longtemps, la sécurité dans cette zone a été assurée par l’armée béninoise. Elle s’était donnée comme mission d’assurer la quiétude des populations, que ce soit du côté de la frontière béninoise que de Burkina-Faso. Aujourd’hui, avec la relance de la coopération entre le Bénin et le Burkina-Faso, les deux armées vont se déployer dans la zone, mener des patrouilles conjointes. Cette unité d’action en vue de contrer la menace terroriste a été longtemps souhaitée par les populations des deux côtés des frontières. C’est devenu une réalité désormais grâce au leadership du Président Romuad Wadagni et au sens élevé de coopération militaire du capitaine Ibrahim Traoré, Président de la junte au pouvoir au Burkina-Faso.
B.H



