Le Bénin a accueilli ce lundi 13 juillet 2026, la 7ᵉ Réunion ministérielle du Processus des États Africains Atlantiques au Novotel Cotonou Orisha. Sous la présidence de la ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration Africaine et des Afro-descendants, Corinne Amori Brunet, les représentants de 23 pays se sont penchés sur les défis de la façade atlantique du continent.
Placée sous le thème « Consolider un espace africain atlantique intégré : sécurité maritime, corridors logistiques verts et transition énergétique durable », la rencontre marque une nouvelle étape dans l’opérationnalisation du Processus lancé à Rabat en juin 2022.
Le Maroc réaffirme sa vision pour l’Atlantique africain
Au nom du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, l’ambassadeur Mohamed Methqal, Directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale, a lu l’allocution du Royaume.
Il a d’abord transmis les salutations fraternelles du Roi Mohammed VI au Président Romuald Wadagni et salué la qualité de l’accueil béninois. Pour le Maroc, cette réunion illustre la maturité du Processus. « Il ne s’agit plus de définir une vision, mais de la mettre en œuvre. Il ne s’agit plus de poser des principes, mais de les traduire en actions concrètes » a-t-il déclaré.
Revenant sur le contexte géostratégique, l’ambassadeur a rappelé que près de 90% du commerce mondial transite par voie maritime. Il a cité la « crise d’Ormuz » de 2026 qui a entraîné une baisse de 70% du trafic pétrolier et une flambée des prix de l’énergie. « Il nous revient, nous, pays africains atlantiques, de contribuer activement à la gouvernance internationale des espaces maritimes » a-t-il insisté.
Sur les trois axes prioritaires, le Maroc a plaidé pour un renforcement de la coopération en matière de sécurité maritime face à la piraterie, à la pêche illégale et aux trafics. Il a également mis en avant le rôle des corridors logistiques verts et des ports comme Tanger. Enfin, il a souligné le potentiel africain en énergies renouvelables : 11 000 gigawatts en solaire, 1 400 en éolien, alors que le continent ne reçoit que 2% des investissements mondiaux.
Le Bénin plaide pour une façade atlantique intégrée et productive
Dans son discours d’ouverture, la ministre Corinne Amori Brunet a souhaité la bienvenue aux délégations au nom du Président de la République et du peuple béninois.
Elle a salué la vision du Roi Mohammed VI qui a fait de l’espace atlantique un « cadre de coopération géostratégique pragmatique, au service de la paix, de la stabilité et d’une prospérité partagée ». Du Maroc à l’Afrique du Sud, le Processus réunit l’Afrique du Nord, de l’Ouest, centrale et australe, et associe les pays de l’hinterland via les corridors portuaires.
Pour la cheffe de la diplomatie béninoise, l’heure est à l’action concrète. Elle a identifié trois priorités. Premièrement, renforcer la coordination en matière de sûreté maritime et le partage de renseignements en temps réel, en articulation avec l’architecture de Yaoundé. Deuxièmement, poser les bases de corridors logistiques verts et digitaux, en exploitant la complémentarité entre les ports et en connectant la mer, la route et le rail. Troisièmement, développer les synergies régionales dans les énergies marines renouvelables et l’hydrogène vert.
« Le Bénin connaît bien cette interdépendance. Pays côtier du Golfe de Guinée et porte d’entrée vers l’intérieur du continent, il modernise le port de Cotonou et poursuit la digitalisation de sa plateforme logistique », a-t-elle rappelé. L’ambition, a-t-elle ajouté, est que les infrastructures soutiennent aussi la production et la transformation locale.

Vers une feuille de route opérationnelle
Les ministres doivent adopter à l’issue des travaux la « Déclaration de Cotonou ». Ce texte doit donner une impulsion nouvelle aux engagements déjà pris et mandater le secrétariat permanent pour élaborer une feuille de route de mise en œuvre.
« Le succès de cette réunion se mesurera à notre capacité à transformer notre géographie commune en coopération concrète, utile à nos économies et à nos populations », a conclu Corinne Amori Brunet avant de déclarer ouverte la 7ᵉ réunion ministérielle.
En moins de quatre ans, le Processus des États Africains Atlantiques s’est imposé comme un instrument majeur de coopération continentale. Après le Cap-Vert en 2025, Cotonou confirme l’appropriation de ce partenariat par les États membres.
Thomas AZANMASSO



