Si le nouveau patron de la Marina, Romuald Wadagni incarne une continuité du régime de la Rupture, une page toute nouvelle semble pourtant vouloir s’écrire. Une page placée sous le signe du dialogue, de l’union et de la réconciliation nationale. Alors que les signes d’une possible décrispation du climat sociopolitique se multiplient, Romuald Wadagni pourrait davantage entrer dans l’histoire…

Après des années de fractures marquées par des tensions, des arrestations et des départs en exil, le Bénin pourrait finalement tourner la page de la division et s’acheminer sur le sentier d’une réconciliation nationale durable. Si la volonté d’y parvenir n’a jamais fait défaut même au sommet de l’Etat, des dissensions n’ont pu permettre de vivre ce rêve tant choyé par les béninois. Cependant, une nouvelle page semble vouloir s’écrire avec Romuald Wadagni, choisi par le peuple béninois pour les destinées du pays au soir du scrutin présidentiel d’Avril 2026. Suscitant déjà une adhésion populaire de par sa vision et son statut d’architecte de l’ombre des dix dernières années de métamorphose qu’a connu le pays, les premières décisions et actions du Président de la République, Romuald Wadagni se veulent illustratives d’une évidence : un nouveau vent souffle ! Et les béninois témoignent déjà leur reconnaissance, convaincus d’avoir choisi un leader qui écoute, soulage et pose les jalons d’un développement inclusif. Dans l’opinion, il se susurre sans nul doute que l’acte qui propulserait davantage Romuald Wadagni dans l’histoire reste cette réconciliation nationale tant souhaitée depuis des années par les béninois y compris ceux de la diaspora.  Entre mains tendues, bénédictions et appels au pardon, le rêve d’une nation unie n’a jamais paru aussi proche, selon certains observateurs, convaincus qu’une nation ne se construit pas contre ses fils.

Des signaux d’un dégel historique ?

Si les multiples démarches entreprises sous le régime défunt se sont révélées infructueuses, plusieurs faits donnent à penser que le pays s’achemine vers un apaisement. La question des détenus politiques et des exilés, longtemps au cœur des crispations, revient au centre du débat public. Le souhait de tourner la page et de rouvrir la porte à tous les Béninois semble de plus en plus perceptible. Et ceci, à un moment où le Chef de l’État affiche clairement la volonté de rassembler. Loin de l’image d’un pouvoir qui règne dans la division, c’est celle d’un Président soucieux de fédérer autour d’un projet et d’une vision pour le Bénin qui émerge. La récente bénédiction de l’ancien président Boni Yayi, désormais ancien leader de l’opposition, est venue conforter cette lecture. En apportant son soutien à la dynamique nationale en cours, il a donné un signal fort : au-delà des clivages partisans, il existe une adhésion possible autour de l’intérêt supérieur de la nation. Le plus symbolique reste la question de son éventuelle implication institutionnelle. Alors qu’il s’était opposé à siéger au Sénat, la donne aurait changé, selon des informations des coulisses. Le voir siéger au Sénat marquerait forcément un tournant, cela signifierait que plus personne n’est mis à l’écart. Ce serait donner corps à l’image d’un président rassembleur, capable de tendre la main au-delà des clivages.

Dans le même sens, la dernière sortie de Komi Koutché, lui aussi longtemps tenu à l’écart, a été perçue comme une autre illustration de cette volonté d’ouverture. Dans son message, l’ancien ministre a appelé à dépasser les rancunes et à privilégier l’intérêt supérieur du Bénin. Il a insisté sur trois idées fortes : la nécessité du dialogue ; le pardon et la réconciliation et l’engagement pour le développement. Toute chose qui démontre une volonté de contribuer à bâtir.

Détenus politiques qui recouvrent la liberté, exilés qui envisagent le retour, anciens rivaux qui se parlent…Si ces gestes se concrétisent, le Bénin sera à un véritable rendez-vous avec son histoire. Celui d’une nation qui choisit l’union plutôt que la division, la réconciliation plutôt que l’exclusion. Et les faits témoignent déjà d’une aspiration partagée : celle d’un Bénin réconcilié avec lui-même.

 

A.B

 

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