Cotonou accueille du 08 au 10 juillet 2026, la première édition du Congrès international sur la santé des femmes africaines (CISFA 2026). Co-organisé par plusieurs institutions de premier plan dont l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), le Collège national des gynécologues et obstétriciens du Bénin, le Laboratoire d’épidémiologie des maladies chroniques et neurologiques, l’Université Paris Cité, ce grand rendez-vous scientifique mobilise les chercheurs, experts, décideurs, professionnels de la santé et partenaires techniques et financiers autour des enjeux d’équité dans la recherche sur la santé des femmes en Afrique. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce mercredi, 08 juillet 2026 en présence du ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin.
« Les enjeux d’équité dans la recherche sur la santé des femmes », tel est le thème autour duquel s’articulent les communications et échanges au cours du présent Congrès international sur la santé des femmes africaines. Provenant de d’une quinzaine de pays, les participants harmoniseront leurs connaissances et expériences sur les défis actuels de la santé de la femme en Afrique. Le Congrès se veut un cadre d’échanges autour des problématiques majeures liées à la santé féminine, notamment la santé sexuelle et reproductive, les cancers féminins, les maladies non transmissibles, la santé mentale, les violences basées sur le genre, la maternité et les effets du changement climatique. Ainsi, à travers une vingtaine de sessions scientifiques, une dizaine de conférences plénières, des ateliers pré-congrès et 108 communications orales, le congrès permettra de poser le diagnostic et surtout de formuler des recommandations susceptibles d’orienter les politiques publiques et de contribuer à une meilleure prise en charge des femmes sur le continent africain. Présidente du comité d’organisation, Clémence Schantz s’est réjouie de la concrétisation d’un vœu émis au cours d’une journée d’études interdisciplinaires franco-béninoises organisée seize mois plus tôt au CNHU-HKM. Elle s’est acquittée d’un devoir de reconnaissance à l’endroit de tous ceux qui ont contribué à la tenue effective du congrès. Dans son intervention, l’Ambassadrice de France près le Bénin, Nadège Chouat présente le congrès comme une opportunité majeure pour rendre plus visible la recherche sur la santé des femmes africaines. A l’en croire, plusieurs défis méritent une attention particulière notamment le manque d’investissements dans la recherche sur la santé des femmes et la faible valorisation des travaux scientifiques produits en Afrique. Selon elle, cette situation contribue à des diagnostics moins précis, à des traitements parfois inadaptés et au maintien des inégalités sanitaires. Selon Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’INF, la santé des femmes constitue un enjeu qui dépasse le seul domaine médical. Elle représente, selon elle, une question de justice, de développement et de progrès social. Elle a appelé à renforcer la production des connaissances scientifiques, à encourager l’innovation et à garantir aux femmes des soins accessibles, sûrs et adaptés à leurs réalités. Procédant à l’ouverture des travaux, le ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin a insisté sur les inégalités persistantes dans la recherche sur la santé des femmes avant d’évoquer les efforts consentis par le Bénin pour inverser la tendance, notamment la révision de la loi sur la santé de la reproduction et l’adoption de la loi du 20 décembre 2021 renforçant la protection des femmes et des filles contre les violences fondées sur le sexe. “Pendant plusieurs décennies, les femmes ont été insuffisamment représentées dans les études cliniques, les programmes de recherche et parfois dans les politiques de santé fondées sur les données probantes. Moins de 10% des budgets mondiaux de recherche sont alloués spécifiquement à la santé des femmes. Moins de 2% des études cliniques mondiaux concernent directement la femme africaine, conduisant très souvent à des traitements standardisés inadaptés”, a-t-il précisé. Convaincue de ce que la recherche scientifique demeure le socle de l’action publique, l’autorité ministérielle a exhorté les participants à formuler des recommandations susceptibles de mieux orienter les politiques publiques en matière de la santé des femmes africaines.
A.B



