Le Bénin s’apprête à franchir un cap dans la modernisation de son enseignement supérieur avec le déploiement du télé-enseignement dès la rentrée universitaire 2026-2027. Si cette réforme ouvre la voie à un accès plus équitable au savoir et à une meilleure gestion des effectifs, sa réussite dépendra de plusieurs défis, allant des infrastructures numériques à l’accompagnement des enseignants et des étudiants.
En donnant son accord à la contractualisation avec plusieurs prestataires pour la mise en œuvre du projet national de télé-enseignement, le gouvernement affiche son ambition de faire du numérique un levier de transformation de l’enseignement supérieur. Mais au-delà des infrastructures et des équipements annoncés, la réussite de cette réforme reposera sur plusieurs conditions.
En effet, la technologie, à elle seule, ne garantit pas le succès d’une telle réforme. Le premier défi sera celui des infrastructures. Une connexion internet stable, un accès continu à l’électricité et une maintenance efficace des équipements seront indispensables pour assurer la continuité des enseignements.
Le second enjeu concerne les ressources humaines. Le télé-enseignement impose de nouvelles méthodes de travail. Les enseignants devront être formés à la production de contenus numériques, à l’animation de cours à distance et à l’utilisation des outils digitaux. De leur côté, les étudiants devront s’adapter à une plus grande autonomie dans leur apprentissage.
La question de l’accès aux équipements numériques reste également déterminante. Tous les étudiants ne disposent pas nécessairement d’un ordinateur ou d’une connexion internet de qualité. Sans mesures d’accompagnement, le risque est de voir apparaître une nouvelle forme d’inégalité, cette fois liée au numérique.
Pour rappel, le dispositif sera expérimenté dans les quatre universités publiques du pays : l’Université d’Abomey-Calavi, l’Université de Parakou, l’Université nationale des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques et l’Université nationale d’agriculture. Le projet prévoit notamment l’aménagement d’amphithéâtres dédiés, la création de studios de télé-enseignement, le développement de la plateforme nationale etudiant.bj, ainsi que la mise en place de dispositifs audiovisuels et d’un accompagnement en assurance qualité pédagogique. Autant d’investissements qui témoignent d’une volonté de bâtir un véritable écosystème numérique.
Mais comme toute réforme d’envergure, le télé-enseignement sera jugé non pas à l’aune des investissements consentis, mais à sa capacité à améliorer durablement la qualité de la formation et les conditions d’apprentissage des étudiants béninois.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



