Les rues de Cotonou sont le théâtre d’une véritable ruée vers les mèches. Plus qu’un simple enjoliveur, elles sont devenues un atout indispensable pour sublimer l’apparence. Cependant, tandis que plusieurs jeunes filles adoptent les dreadlocks et les rajouts, d’autres assument fièrement leurs cheveux naturels.
Lisses, bouclées, colorées, elles jonchent les étagères des salons de coiffure et des boutiques. Les mèches sont très prisées par les jeunes demoiselles. Objets de séduction, révélateurs de beauté, elles sont devenues des éléments incontournables du quotidien. Les universités et les rues se transforment en espaces de compétition où chacune cherche à afficher la coiffure la plus en vogue. La longueur et le volume des extensions deviennent parfois des critères de beauté.

Les mèches et perruques font désormais partie du quotidien de nombreuses jeunes filles. Elles deviennent une signature, une touche personnelle. Diafina Fadonougbo affirme que : « Les mèches permettent de rallonger les cheveux et donnent la possibilité de varier les couleurs ». Elle met ainsi en lumière l’aspect créatif de ces cheveux artificiels dont la longueur, la couleur et la texture varient, permettant d’explorer de nouveaux styles. Pour elle, les mèches sont de véritables réhausseurs de beauté, puisqu’elle dit se sentir belle avec ces coiffures.
Cet avis ne fait toutefois pas l’unanimité. Certaines jeunes filles préfèrent rester au naturel. C’est le cas de Thérèse Tossou, qui ne réserve les mèches que pour les fêtes et la rentrée académique. Elle arbore fièrement sa chevelure naturelle qu’elle trouve plus confortable : « J’aime beaucoup mes cheveux naturels et je sens ma tête légère quand je porte mes coiffures protectrices ». Pour elle, des twists, des nattes ou un afro suffisent à embellir une fille. Elle souligne également les désagréments liés aux mèches, notamment la chaleur, les maux de tête et les longues heures passées en salon, sans oublier leur coût souvent élevé.
Les cheveux synthétiques, un couteau à double tranchant
Même si elles apportent une touche esthétique indéniable, les extensions capillaires présentent aussi des inconvénients. D’un point de vue médical, elles peuvent créer des tensions au niveau du cuir chevelu et provoquer des douleurs. Sur le plan psychologique, le recours systématique aux perruques peut traduire, chez certaines, une forme de rejet de leurs cheveux naturels.
Sur le plan culturel, l’adoption massive des cheveux synthétiques est parfois perçue comme une influence des standards esthétiques occidentaux, au détriment des savoir-faire traditionnels africains. Ainsi, les mèches, bien qu’éléments majeurs des tendances actuelles, suscitent des débats entre modernité, identité et authenticité.
En définitive, l’enjeu réside dans la recherche d’un équilibre entre esthétique et acceptation de soi, entre tendance et respect de son identité culturelle.
Immaculée ASSOGBA (Stag)
