Quelques jours après sa prise de fonction, le président béninois Romuald Wadagni a effectué une tournée diplomatique au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. Si ce déplacement marque une prise de contact directe avec l’ensemble des pays frontaliers et des partenaires de la région ouest-africaine, elle brise aussi le tabou Cedeao-Aes.

L’investiture du président Romuald Wadagni ouvre une séquence diplomatique. Laquelle est caractérisée par une série de visites officielles dans la sous-région. Ainsi, l’ancien ministre des Finances a choisi de consacrer ses premiers actes majeurs à la politique étrangère en se rendant successivement au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. Une démarche qui a permis au chef de l’État béninois d’échanger avec ses homologues de manière directe, établissant un dialogue avec chacun des pays limitrophes du Bénin. Ces rencontres successives se sont déroulées dans un cadre d’échanges directs, visant à redéfinir les modalités de coopération bilatérale. À chaque étape de ce parcours, le président béninois s’est attaché à formaliser une relance des relations diplomatiques, mettant l’accent sur les critères de proximité géographique et historique. Sans doute, cette offensive de positionnement indique les orientations de la gouvernance béninoise pour les sept prochaines années, période durant laquelle l’exécutif affiche sa volonté de maintenir des relations stables et exemptes de tensions politiques avec les États de la zone. Ce qui n’est pas à perdre de vue, c’est que l’agenda de cette tournée se caractérise par une approche globale qui inclut simultanément des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et des pays ayant rejoint l’Alliance des États du Sahel (Aes). Mieux, la démarche intègre l’ensemble de ces interlocuteurs sans opérer de distinction fondée sur leur appartenance institutionnelle actuelle. De plus, la planification des visites n’a pas pris en compte les contentieux frontaliers ou politiques préexistants qui ont pu marquer les relations entre le Bénin et certains de ses voisins, notamment le Togo, le Burkina Faso ou le Niger, les déplacements ayant été maintenus sur l’ensemble de ces territoires. Au-delà donc de la reprise des discussions bilatérales avec des nations désormais inscrites dans des espaces communautaires distincts, cette initiative pose le principe d’une collaboration technique et économique possible entre le Bénin, l’Aes et la Cedeao. Le calendrier diplomatique déployé pourrait donc illustrer l’hypothèse selon laquelle les divergences de visions politiques internes n’empêchent pas le maintien des flux d’échange et de coopération entre les États.

 

M.M

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