L’Assemblée mondiale de la Santé a franchi une étape importante en décidant la mise en place d’un processus conjoint dirigé par les États membres, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), en vue de réformer l’architecture de la santé mondiale.
Cette initiative marque le lancement d’une réflexion structurée visant à adapter le système sanitaire international aux réalités contemporaines. L’objectif principal est de proposer des options et recommandations pour une transformation en profondeur de la gouvernance mondiale de la santé, afin de la rendre plus efficace, plus cohérente et mieux adaptée aux besoins des populations.
Les États Membres reconnaissent que l’architecture actuelle a permis des avancées majeures au cours des dernières décennies, notamment dans la lutte contre les maladies et la mise en place de normes sanitaires internationales. Toutefois, ils estiment qu’elle montre aujourd’hui des limites face aux évolutions rapides du monde.
Parmi les principaux facteurs ayant motivé cette réforme figurent la montée en puissance des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, la transformation des risques sanitaires mondiaux, l’évolution de la charge des maladies, ainsi que la baisse progressive des financements alloués à la santé. À cela s’ajoute la multiplication des acteurs du secteur, qui entraîne parfois une fragmentation des actions et un manque de coordination.
Les États membres insistent également sur la nécessité de renforcer la souveraineté sanitaire des pays et de mieux intégrer les capacités régionales dans le système global, tout en préservant le rôle central de coordination de l’Oms. Le processus adopté se veut inclusif. Il associera non seulement les États, mais aussi les partenaires du système des Nations Unies, les initiatives mondiales de santé, ainsi que la société civile et les jeunes.
À l’issue de ce travail, le Directeur général de l’Oms devra soumettre un rapport final présentant des scénarios et recommandations pour transformer en profondeur l’architecture mondiale de la santé. Cette décision ouvre ainsi la voie à une possible redéfinition des mécanismes de coopération sanitaire internationale, dans un contexte mondial de plus en plus complexe et interconnecté.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE







