Les tensions se multiplient au sein des différentes communautés de foi. Dans plusieurs églises béninoises, la prière commune cache parfois une sombre réalité. Plusieurs fidèles se livrent à des commérages, brisant ainsi l’harmonie des groupes.

Moqueries, médisance, critiques, rumeurs, des fidèles s’en donnent à cœur joie. Les groupes de prière donnent parfois lieu à des tensions de toutes sortes. Un tel phénomène est aux antipodes de l’objectif principal de ces communautés, qui est de rassembler les frères d’une même identité religieuse. Pour Anasthasia Houndakenou, jeune fidèle du groupe des lecteurs, un groupe de prière, << c’est comme une famille >>, un espace où l’on apprend à se connaître soi-même et à connaître les autres. Pourtant, des comportements déviants remettent parfois en question cette noble vocation. En effet, certains fidèles qui s’écartent des normes établies par ces groups, représentent la cible de plusieurs critiques. Dès lors, le retard, les absences aux rencontres importantes et aux répétitions et même le port de tenues inappropriées expose les fautifs à des médisances. Les critiques prennent ainsi le dessus sur la communication et les reproches bienveillants.

Les raisons d’un tel phénomène sont multiples. On note en premier lieu, la jalousie envers un autre membre du groupe. Ainsi, la soliste de la chorale, le meilleur lecteur ou encore un membre haut gradé devient une proie facile pour les commères. Charlotte Mondé, choriste, avoue avoir dû faire face à l’animosité des autres membres de la chorale, lorsqu’elle voulait intégrer ce groupe plus jeune en raison des rivalités profondes. À cela s’ajoute le manque de communication et les rivalités au sein de la communauté. En outre, les querelles internes non résolues ne font qu’ exacerber les ragots.

Les commérages à l’intérieur des fraternités entraînent de lourdes conséquences. Au plan individuel, le fidèle critiqué est blessé dans son amour propre. Les propos malveillants tenus à son égard le discréditent aux yeux de ses responsables et des autres membres du cercle de prière. Les ragots affectent également l’harmonie du groupe qui se retrouve divisé. << On n’arrive plus à se comprendre, ça devient très difficile à gérer >>, se désole la jeune lectrice Anasthasia Houndakenou. De plus, le climat de tensions en décourage plus d’un. << Certains fidèles ont envie de délaisser le  groupe >>,  rapporte-t-elle. Celui ou celle qui se livre à la médisance s’écarte de la prescription divine : << Ne jugez point et vous ne serez point jugés >> (Luc 6:37). Au delà de ces maux, les commérages conduisent à l’exclusion sociale de la personne critiquée. Elle devient la risée de son groupe religieux et est au cœur de leurs discussions.

La médisance dans les groupes religieux est un mal auquel il est possible de remédier. D’entrée de jeu, la communication entre les fidèles s’impose comme le premier moyen palliatif.   Dans ce genre de situation, le rôle des leaders et autorités religieuses devient capital. Les fidèles peuvent, en effet, soumettre leurs préoccupations aux responsables de groupes.  Par ailleurs, des sanctions doivent être appliquées aux fauteurs de troubles en vue de décourager toute médisance. L’accent doit être mis sur l’importance de l’unité et de la solidarité entre les membres d’une communauté religieuse lors des récollections et campagnes de sensibilisation.

Les commérages au sein des groupes religieux prouvent qu’aucun milieu n’est exempt de jugement extérieur. Ils portent atteinte à la concorde entre fidèles et ternissent l’image des groupes de prière, censés promouvoir l’amour du prochain. Il revient à chaque fidèle et responsable religieux de bannir ce vice en vue de préserver la paix.

 Immaculée ASSOGBA (Stag)

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