Le campus universitaire d’Abomey-Calavi a abrité ce mardi 12 mai 2026, un atelier national de co-création et de validation d’outils d’autodéfense numérique. Organisé par l’UNFPA dans le cadre du programme MASS – Making All Spaces Safe, avec l’appui d’Affaires mondiales Canada, l’événement vise à prévenir les violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBG-FT).

L’objectif de la rencontre est de faire émerger une génération d’ambassadeurs de la sécurité numérique et de la lutte contre les VBG-FT. Ces relais porteront les messages dans leurs communautés, écoles et universités. L’atelier lance la deuxième année de la phase pilote du programme MASS. Il prolonge les actions déjà menées : plateforme d’information contre les VBG-FT et premier Symposium africain sur le sujet, qui a « positionné le Bénin comme un pays leader ».

« La jeunesse actrice, pas seulement bénéficiaire »

Pour Wilfried Agossouvè, représentant des jeunes, l’initiative prouve que « la jeunesse ne doit pas être considérée uniquement comme bénéficiaire, mais comme actrice ».

Le numérique ouvre « des opportunités immenses d’apprentissage, d’entreprenariat, d’engagement citoyen », reconnaît-il. Mais il expose aussi au « cyberharcèlement, à la désinformation, aux atteintes à la vie privée et aux VBG ». « Notre silence ne peut pas être une option », lance-t-il. L’autodéfense numérique, insiste-t-il, « est une affaire de conscience, d’éducation, de comportement et de solidarité ». Il appelle les jeunes à « oser proposer des idées nouvelles » pour que les recommandations « deviennent un véritable instrument d’action ».

« Garantir la sécurité numérique»

Augustine Cakpo Soglo, représentant la ministre du Numérique, rappelle que « la transformation numérique doit s’inscrire dans une dynamique humaine, éthique et sécurisée ». « Nous ne pouvons promouvoir l’inclusion numérique sans garantir la sécurité numérique. Nous ne pouvons encourager la jeunesse à investir le digital sans lui donner les moyens de s’y protéger », a-t-elle déclaré. Aux participants : « Vous n’êtes pas seulement bénéficiaires, vous en êtes surtout les acteurs».

Co-créer des solutions adaptées

« Les jeunes sont en première ligne. Il ne suffit pas de savoir utiliser des outils, il faut savoir s’en protéger : sécuriser ses comptes, protéger ses données, réagir et signaler », souligne Richmond Tiémoko, représentant résident de l’UNFPA.

L’originalité de l’atelier réside selon ses propos, dans l’approche : des jeunes venus des 12 départements y participent comme « co-créateurs ». Ils testeront et adapteront les outils à leurs réalités. « La sécurité en ligne n’est plus un luxe. Elle est une condition essentielle de la dignité, de la liberté et du bien-être des jeunes », conclut-il.

L’engagement du gouvernement salué

Intervenant au nom du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique par intérim, le représentant du ministère a exprimé sa « gratitude » et sa « satisfaction » à l’endroit du FNUAP. « Nous connaissions le FNUAP sur le plan de la santé, sur les violences basées sur le genre. Aujourd’hui, nous allons le connaître autrement, dans le sous-secteur du numérique », a affirmé Josué Azandégbé. Il a rappelé l’appui « institutionnel, technique et financier » du FNUAP durant les deux mandats du président Patrice Talon, au profit de « l’ensemble des universités du pays ». Aux jeunes, il lance : « C’est un atelier de co-construction. Vous n’êtes pas que des bénéficiaires, vous êtes des acteurs au premier rang. Vous avez une responsabilité historique », leur a-t-il lancé. « De telles initiatives sont en phase avec la politique nationale : créer un environnement sécurisé pour que la jeunesse béninoise puisse éclore », a-t-il ajouté, avant de déclarer ouverts les travaux de l’atelier.

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