Home Bénin Immobilier au Bénin: Les commissions excessives continuent d’indigner

Immobilier au Bénin: Les commissions excessives continuent d’indigner

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(Nécessité de la mise en place d’un numéro vert)

Au Bénin, la loi encadrant les commissions des agents immobiliers semble, dans bien des quartiers, rester théorique. Malgré les textes limitant les frais d’intermédiation à 50 % d’un mois de loyer dans le cadre d’une location d’habitation, de nombreux agents continuent d’exiger un mois complet, parfois davantage, sans véritable crainte de sanctions.

Sur le terrain, les témoignages de locataires se ressemblent. Face aux protestations, certains agents immobiliers répondent froidement : « ce n’est pas forcé », laissant entendre au client qu’il peut renoncer au logement s’il refuse de payer. Dans un contexte de forte demande de logements, surtout dans les grandes villes comme Cotonou, Abomey-Calavi ou Porto-Novo, beaucoup de locataires finissent par céder, faute d’alternative.

Mais au-delà du non-respect des commissions légales, c’est tout le fonctionnement du secteur immobilier informel qui interroge. De nombreuses structures opérant comme des agences immobilières évolueraient en réalité dans l’illégalité. Sans siège officiel, sans immatriculation clairement identifiable et parfois sans aucune existence administrative, certains intermédiaires exercent simplement avec un téléphone portable et une moto comme seuls outils de travail.

Dans plusieurs quartiers, ces démarcheurs improvisés servent d’intermédiaires entre propriétaires et locataires sans encadrement réel. Aucun bureau physique, aucun contrat clair, aucune garantie pour les clients. Pourtant, ils encaissent des sommes importantes au nom de « frais de visite » ou de « commission ». Cette informalité favorise les abus et rend les recours extrêmement difficiles pour les victimes.

Pourquoi la mise en place d’une plateforme officielle de signalement ?

En réalité, cette situation relance une question essentielle : à quoi sert une loi si elle n’est pas appliquée ? Car une réglementation sans contrôle ni sanction devient rapidement une simple déclaration d’intention. Plusieurs citoyens dénoncent aujourd’hui l’absence de mécanismes visibles de suivi et de répression des abus dans le secteur immobilier.

En théorie, les victimes peuvent saisir les juridictions compétentes ou signaler les abus aux structures administratives chargées du logement et du commerce. Mais dans la pratique, peu de locataires osent engager des procédures. Certains craignent de perdre le logement convoité, d’autres ignorent simplement leurs droits ou ne savent pas vers qui se tourner.

L’absence d’un dispositif populaire et accessible de dénonciation aggrave le phénomène. Beaucoup appellent désormais à la mise en place d’un numéro vert, d’une plateforme officielle de signalement ou encore d’un service de contrôle capable de sanctionner rapidement les agents fautifs. La question dépasse aujourd’hui le simple cadre des frais d’agence. Elle touche au droit au logement, au respect des citoyens et à la capacité de l’État à faire appliquer ses propres lois. Car tant que les contrevenants continueront d’agir en toute impunité, les locataires auront le sentiment d’être seuls face à un système devenu incontrôlable.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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