Home Bénin Profil d’artiste: Pascal  Abikanlou, le point de départ du cinéma béninois

Profil d’artiste: Pascal  Abikanlou, le point de départ du cinéma béninois

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En terme de la réalisation cinématographique au Bénin il a évolué comme une belle étoile. Il a posé les premiers pas et a tracé les premiers sillons du 7ème art béninois. Aujourd’hui il est considéré comme le patriarche de ce secteur. Découvrons le ensemble.

Quand on parle des pionniers du cinéma béninois, celui que la majorité s’accorde pour désigner comme en étant le Père est Pascal Abikanlou.

« Pascal Abikanlou était pour nous le père du cinéma béninois.» Akala AKAMBI , ancien Directeur de la Cinématographie du Bénin.

Réalisateur, scénariste et producteur béninois, Pascal Abikanlou fait partie de ceux qui ont posé les premières pierres du 7ᵉ art au Bénin.

Une vie dédiée au cinéma africain

Né le 21 avril 1935 à Pobè une localité proche de la frontière avec le Nigeria, Pascal Abikanlou s’engage très tôt dans le domaine culturel et artistique. Scolarisé au lycée Maurice Delafosse de Dakar, dessinateur industriel de formation, il suit une formation de photographe par correspondance, puis devient reporter et assistant cadreur et enfin réalisateur. Dans les années 60 et 70 marquant les premières années de l’indépendance, il a été le cadreur du gouvernement de la jeune république du Bénin.  Dans un contexte où les infrastructures cinématographiques étaient encore quasi inexistantes en Afrique, il est celui qui habillé de son kaki militaire et armé de caméra à l’épaule était le caméraman des délégations officielles du Bénin.

Pascal Abikanlou est l’auteur de  sous le signe du Vodun ( 95 min, 1974), le premier long métrage du Dahomey, Bénin d’aujourd’hui.

 Une filmographie pionnière

Vent de l’espoir  – 1992

Dans un contexte de grèves illimitées devant la banqueroute et le non paiement des salaires et bourses, le Président Mathieu Kérékou – sous la pression des bailleurs de fonds et convaincu de la nécessité d’un changement démocratique – annonce le 7 décembre 1989, l’abandon du Parti unique, le marxisme-léninisme et l’organisation d’une Conférence Nationale.

Dan xome Royaume des Huegbadjavi – 1989

L’ancien royaume du Dan-Xome à travers les cérémonies et les manifestations qui ont marqué le Centenaire de la mort du Roi Glèlè et le Centenaire de l’intronisation du Roi Béhanzin.

Sous le signe du vaudou – 1974

Un jeune homme ayant omis de faire les offrandes rituelles du vaudou, subit la colère des esprits.

Considéré comme le premier long métrage de fiction béninois, ce film explore les pratiques spirituelles et les croyances liées au vaudou.

Opération Sonader – 1971

Dans les environs de Houin, village du département du Mono au Bénin, la Sonader (Société Nationale pour le Développement Rural) a lancé une vaste opération pour sauver les palmiers. Il s’agit de faire planter par les paysans de cette région quatre mille hectares de palmiers sélectionnés.

Premières offrandes – 1969

Célébration d’un culte agricole à Pobè au Bénin. Fêtes rituelles de la récolte de l’igname.

Ganvié, mon village – 1967

 La vie quotidienne dans le village lacustre de Ganvié au Bénin. On n’y circule qu’en pirogue. Outre la pêche, ressource presqu’unique, toutes les activités se déroulent sur l’eau depuis les jeux des enfants, le marché jusqu’aux danses et cérémonies.

 Un cinéma enraciné dans la culture

Pascal Abikanlou est l’un des rares cinéastes qui a su combiner une obsession pour la perfection et un amour des humains avec qui il collabore. Son œuvre est marquée par la mise en lumière des traditions africaines, une volonté de réhabiliter les pratiques culturelles locales, un regard sur les mutations sociales post-indépendance.

À une époque où les images africaines étaient souvent produites par des regards extérieurs, il fait partie de ceux qui ont contribué à reprendre le contrôle du récit africain.  Pascal Abikanlou a également très tôt créé sa structure de production : Abiscal Films, affirmant ainsi sa volonté de produire un cinéma autonome et maîtrisé.

Son engagement dépasse le cadre du cinéma : il s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion des arts et de la culture au Bénin.

Un héritage immense: Pascal Abikanlou demeure une figure incontournable du cinéma béninois.

Son travail a ouvert la voie aux générations de cinéastes qui prennent le relais. Son influence est telle que les jeunes talents du cinéma formés au Bénin lui consacrent leurs œuvres. C’est  le cas de Doriane Zannou , étudiante de l’Institut Supérieur des Métiers d’Arts qui lui a consacré son court métrage documentaire  : «Pascal Abikanlou : précurseur du cinéma béninois».

Pour célébrer cette icône du cinéma béninois, les RECICO ont créé dès leur première édition en 2019 le prix spécial Pascal ABIKANLOU pour primer les meilleurs films d’écoles.

L’artiste a rendu l’âme le 5 octobre 2009 des suites d’une longue maladie qui finalement a eu raison de lui .

«Dans mon cœur et ma mémoire, Pascal ABIKANLOU n’est jamais mort.» Gratien ZOSSOU, ancien collaborateur de Pascal Abikanlou.

Cell/Recico-Benin

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