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Séminaire national de réflexion: Le Mouvement S.U.D s’érige en « bouclier intellectuel » pour le septennat de Romuald Wadagni

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L’Hôtel Sossa de Cotonou a prêté son cadre, ce samedi 9 mai, au premier Séminaire national de réflexion du mouvement S.U.D (Solidarité, Union, Développement). Entre bilan de campagne, prospective juridique et décryptage de la « trêve politique », les leaders du mouvement ont réaffirmé leur soutien au nouveau Président élu, Romuald Wadagni, tout en traçant les sillons d’une mutation stratégique : passer de l’effervescence électorale à la rigueur de la construction nationale.

« Le temps de la compétition électorale a cédé la place à celui de l’exigence citoyenne. » C’est par ces mots que Rodrigue Guezodje, coordonnateur de l’événement et membre fondateur du mouvement, a planté le décor devant une centaine de délégués venus des douze départements du Bénin. Pour ce stratège du mouvement, ce séminaire est bien plus qu’une simple rencontre post-électorale : c’est « l’acte de naissance d’une nouvelle identité » pour S.U.D, désormais déterminé à devenir une force de proposition structurée.

La « Trêve politique » décryptée par le Pr. Gilles Badet

Le clou intellectuel de la journée fut sans conteste l’intervention du Professeur Gilles Badet, juriste, Consultant en gouvernance et Secrétaire général de la Cour constitutionnelle. Dans une communication magistrale, il a levé le voile sur le concept, souvent mal interprété, de « trêve politique ».

Le Professeur a d’emblée rappelé que la distinction entre période électorale et animation quotidienne de la vie politique n’est pas une nouveauté juridique au Bénin. Toutefois, l’usage du terme « trêve » répond à un besoin de pédagogie. Selon lui, cette période ne signifie en aucun cas une interdiction de la critique ou un mutisme de l’opposition.

« La trêve politique, c’est l’animation de la vie politique au quotidien dans la courtoisie et par des propositions alternatives », a-t-il clarifié.

En d’autres termes, il s’agit d’un glissement sémantique pour inviter les acteurs à quitter le terrain de la confrontation stérile pour celui du débat d’idées constructif. Une nuance fondamentale qui permet au pays de se concentrer sur les réformes structurelles sans la pollution des joutes électorales permanentes.

S.U.D : Du « Think Tank » à l’institutionnalisation

Pour le président du mouvement, Sitou Aloïs Djibom, l’heure n’est pas à l’autosatisfaction malgré la victoire. Son discours d’ouverture, d’une tonalité martiale et visionnaire, a appelé les militants à une prise de conscience : « La victoire n’est qu’une porte ; le développement est le chemin. »

Pour M. Djibom, S.U.D ne doit pas être un « fan-club » ou un rassemblement de courtisans, mais un véritable « bouclier intellectuel et opérationnel » pour la gouvernance de Romuald Wadagni. Cette ambition passe par deux piliers majeurs validés lors des travaux :

  1. Le Livre Blanc : Véritable boussole technique du mouvement, ce document compile les contributions du creuset pour nourrir le Programme d’Action du Gouvernement.
  2. La Mutation Juridique : Conscient de la réforme du système partisan, Sitou Aloïs Djibom a été clair : S.U.D doit s’institutionnaliser pour ne pas se condamner à l’oubli.

Un bilan de terrain : l’efficacité dans la modestie

Avant de se projeter dans l’avenir, le mouvement a tenu à jeter un regard lucide sur ses actions passées. Igor Ahouandogbo s’est chargé de présenter un bilan sans complaisance de la participation de S.U.D à la campagne présidentielle. Loin des discours lénifiants, il a mis en lumière l’ingéniosité dont les membres ont fait preuve. Avec des moyens financiers modestes mais une détermination sans faille, le mouvement a réussi à quadriller des zones stratégiques, prouvant que la force d’une conviction peut suppléer l’absence de budgets pharaoniques. Ce rapport de bilan, adopté par l’assemblée, servira de base de données pour affiner les futures stratégies d’implantation nationale du creuset.

Un engagement lucide porté par une relève formée

Le séminaire a également permis à Gildas Kesse de présenter l’identité profonde d’un mouvement qui refuse l’informel. À travers des modules de formation au militantisme, S.U.D entend transformer ses sympathisants en cadres politiques aptes à défendre les réformes avec des arguments techniques.

« Ne demandez pas ce que le nouveau pouvoir peut faire pour S.U.D. Demandez-vous ce que S.U.D peut apporter au succès de Romuald Wadagni », a conclu le président Djibom, citant l’esprit de dévouement nécessaire pour ce nouveau septennat.

Alors que les rideaux sont tombés sur ce séminaire aux allures de laboratoire d’idées, le mouvement S.U.D semble avoir réussi son pari : démontrer qu’en période de trêve politique, le militantisme le plus efficace est celui qui se met au service de l’intelligence et de l’intérêt général.

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