Le revers militaire subi par la junte malienne après les offensives coordonnées du Front de libération de l’Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) le 25 avril dernier, continue de susciter de débat. Mais c’est surtout l’important arsenal laissé derrière les troupes de l’Africa Corps qui attire désormais l’attention.
Le retrait progressif des forces russes de certaines positions stratégiques dans le nord du Mali continue de susciter de nombreuses interrogations. Selon plusieurs vidéos et images relayées sur les réseaux sociaux et citées par des sources spécialisées en renseignement open source (OSINT), des équipements militaires de grande valeur auraient été abandonnés lors du retrait des forces maliennes et russes de Kidal et d’autres localités du nord.
Parmi les matériels évoqués figure un hélicoptère d’attaque russe Mil Mi-24P Hind immatriculé TZ-07H, livré à l’armée malienne par Moscou en 2022. Des combattants du FLA auraient été filmés autour de l’appareil sur l’aérodrome de Kidal, transformant cette prise en symbole du recul de Bamako et de son partenaire russe.
Les sources mentionnent également l’abandon d’une station complète de contrôle de drones Bayraktar TB2, système de fabrication turque utilisé par l’armée malienne. Les vidéos montreraient des combattants circulant à l’intérieur même de la station de pilotage et de guidage, laissant craindre une récupération technologique sensible par les groupes armés.
À cela s’ajoutent plusieurs véhicules blindés, dont un BTR-82A russe, un VP11 chinois de type MRAP ainsi qu’un Tornado-U. Des stocks de munitions, des armes légères, des missiles air-sol S-8, des canons antiaériens ZPU-2 et du matériel logistique auraient également été récupérés dans les camps abandonnés.
Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre les limites du partenariat sécuritaire entre Bamako et Moscou. Depuis le départ des forces françaises et de la mission de l’ONU, les autorités maliennes avaient présenté l’appui russe comme la clé de la reconquête territoriale et du retour de la souveraineté. Mais les récents replis dans le nord donnent désormais l’image d’un dispositif sous pression.
Dans un contexte où le FLA et le JNIM multiplient les offensives coordonnées, la récupération de cet arsenal pourrait renforcer davantage les capacités militaires des groupes armés dans le nord du Mali, tout en accentuant la pression politique et sécuritaire sur Bamako.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU






