Du 5 au 9 mai 2026, le Bénin vibrera au rythme de la parole scandée. Plus qu’une simple rencontre esthétique, le Festival International Francophone de Slam-Poésie (FIFSP), porté par Sêminvo Hlihè, s’impose comme le rendez-vous stratégique d’un secteur en pleine structuration. Entre diplomatie culturelle et rencontres de haut vol, focus sur un événement qui place Cotonou sur la carte mondiale de l’oralité contemporaine.

Un écosystème en pleine mutation

En 2026, le slam n’est plus un art périphérique au Bénin ; il devient de plus en plus un levier de soft power. Le FIFSP s’inscrit dans cette dynamique de professionnalisation de l’écosystème créatif local. En réunissant ateliers d’écriture, conférences et scènes de grande envergure, le festival dépasse le stade du divertissement pour devenir une plateforme de transmission et de réseautage.

L’enjeu est de taille : transformer la vitalité brute des scènes ouvertes en une véritable fabrique de la parole. Pour les slameurs et slameuses béninois, ce festival est une vitrine de leur savoir-faire organisationnel et une preuve de la maturité d’une scène qui a su, en quelques années, rebâtir sa singularité dans l’espace francophone.

Une programmation sous le signe de l’exigence

La force de cette édition 2026 réside dans l’équilibre de sa programmation. Le FIFSP prévoit à la fois des performances et des moments-clés pour investir le champ de la réflexion sociale et technique.

Seront donc organisés des ateliers thématiques qui exploreront le lien entre poésie, réconciliation et cohésion sociale, affirmant le rôle du poète comme médiateur dans la cité.

Une autre démarche marquante c’est la décentralisation de l’esprit des scènes slam vers la jeunesse estudiantine. Le festival prévoit en effet de s’installer dans le campus d’Abomey-Calavi pour un moment de partage entre générations émergentes et talents en construction. Le festival s’assure ainsi d’un ancrage populaire et universitaire, irriguant le vivier des talents de demain.

Est également prévue, le 8 Mai à la paillote de l’Institut Français de Cotonou, “ La Grande Nuit du Slam “ qui vise à rassembler des talents établis et intergénérationnels du slam béninois. Puis le 9 Mai, le « One Poet Show » de la guest-slam de cette édition est programmé à l’Institut Français marque une volonté de briser les silos en fusionnant théâtre, musique et poésie.

Le facteur Diamanka et la consécration par l’excellence

C’est dans ce cadre rigoureusement tracé que s’insère la présence de Souleymane Diamanka. La venue de l’orfèvre de la langue peule et de l’oralité française s’envisage comme une masterclass à ciel ouvert.

Pionnier ayant élevé le slam au rang de littérature majeure, Souleymane Diamanka apporte au festival une caution internationale et une expertise technique précieuse. Sa présence lors de la « Grande Nuit du Slam », sa masterclass du 8 mai et son show solo agissent comme un catalyseur pour le slam béninois et pour les slameurs locaux. Il vient confirmer que le pont jeté entre les traditions ancestrales (l’héritage peul, le rythme du terroir) et la modernité urbaine est la voie royale pour une reconnaissance mondiale.

2026 : Le tournant de la maturité

Le Festival International Francophone de Slam-Poésie démontre que le Bénin est prêt à exporter son imaginaire oral. L’initiative vient non seulement contribuer à la célébration de la langue française, mais aussi à une affirmation de l’identité artistique hybride du slam béninois dans le concert des nations créatives.

En accueillant une figure de proue comme Souleymane Diamanka, tout en valorisant ses propres voix locales, Cotonou prouve que l’oralité est un gisement de valeur, de sens et d’avenir. Du 5 au 9 mai, c’est bien plus qu’un festival qui se joue : c’est l’affirmation d’une capitale culturelle qui sait faire de la parole un art de vivre et de bâtir.

Teddy GANDIGBE

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