(Théodore Holo en éclaireur ?)
Le Bénin attend impatiemment l’investiture du président élu, Romuald Wadagni. Alors que tout se met en place pour faire de la date du 24 mai 2026, un événement exceptionnel, une ombre pointe au tableau, la présence quasi impossible du bureau du Sénat à la cérémonie de prestation de serment, telle que stipulée par l’article 53 de la loi constitutionnelle modifiée en décembre 2025.
L’article 53 de la Constitution modifiée en décembre 2025 dispose que « le serment est reçu par le président de la Cour constitutionnelle, devant les autres membres de ladite Cour, l’Assemblée nationale, les bureaux du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des comptes ». Le Sénat n’étant pas encore installé, et tout indiquant qu’il ne le sera pas avant le 24 mai prochain, des questions émergent. D’aucuns se demandent si le serment prononcé, en l’absence du bureau du Sénat sera valable ?
Lors d’une sortie médiatique, dimanche 3 mai 2026, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a donné son point de vue. Annonçant que le Sénat, dont il est membre de droit, sera installé probablement en juin, après l’investiture du Président élu, Théodore Holo soutient que l’absence du bureau du Sénat à la prestation de serment de Romuald Wadagni ne saurait invalider ladite prestation. Le constitutionnaliste rappelle que, juridiquement, c’est le président de la Cour constitutionnelle qui reçoit le serment et en garantit la validité. « La présence des autres institutions, dont le Sénat, relève davantage du protocole que d’une exigence fondamentale » a-t-il laissé entendre. Dans son argumentaire, Théodore Holo a évoqué plusieurs précédents historiques au Bénin, notamment des cas de report ou d’annulation de prestation de serment pour non-respect du texte ou du contenu du serment, et non pour des questions liées à la présence institutionnelle.
La question tranchée par la Cour ce jour
Comme si l’éclairage du constitutionnaliste, de surcroit ancien président de la Cour constitutionnelle, ne suffisait pas pour rassurer les uns et les autres, la question fait objet d’un recours devant la Haute juridiction. En effet, par une lettre datée du 28 avril 2026 et enregistrée au secrétariat de la Cour constitutionnelle, Midomiton Précieux Noël Dagan a saisi la haute juridiction d’un recours visant à constater l’impossibilité matérielle de réunion du bureau du Sénat pour la prestation de serment du Président de la République élu. Face à cette situation, la Cour annonce que ces membres se réuniront en audience plénière spéciale ce mardi 5 mai 2026 à 15h sous la présidence du Pr Cossi Dorothé Sossa. Objectif : examiner le recours déposé et se prononcer sur la validité de l’argument avancé par Midomiton Précieux Noël Dagan. La réponse des juges constitutionnels sera donc déterminante pour la suite du processus.
On n’imagine pas la Cour aller dans un autre sens que celui déjà donné par Théodore Holo. Seulement, la décision de la Cour donnera un cachet officiel à ce qui est déjà admis dans la conscience collective, le fait que l’absence du bureau du Sénat n’entache en rien la validité du serment qui sera prononcé par le président élu. La décision de la Cour aura le mérite de mettre fin à ce débat. Les regards seront alors uniquement tournés vers la cérémonie très attendue de prestation de serment, laquelle investit le nouveau président dans ses attributs.
Bertrand HOUANHO







