(Le message du ministère de la culture)
Il était de ceux qui ne se contentaient pas d’être présents : il habitait presque les lieux, les animait, les bousculait. Au Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, sa silhouette familière traversait les couloirs avec une exigence presque fraternelle — nous apportant les nouvelles du monde culturel, nous pressant, nous exhortant sans relâche à franchir les seuils.
Depuis le CEG GBEGAMEY, où il s’était fondu dans la légende naissante des SPHINX — cet orchestre mythique qui vit éclore des figures telles que Angélique KIDJO, Stan TOHON, Laurent HOUNSAVI, Isbath MADOU et tant d’autres — Richimir TOTAH n’avait jamais abandonné le piano, cet instrument auquel il confiait ses élans les plus intimes, ni trahi le monde de la musique, qui fut son premier et son dernier territoire. Il y était entré très tôt, à la maison, initié par son père, maître de chorale, qui lui en donna le goût et le premier élan.
Même lorsque ses pas l’avaient conduit vers les rigueurs de ses études en Russie, en ingénierie du recyclage des déchets, il demeurait, en profondeur, irrémédiablement lié à la grande confrérie des musiciens. Acteur engagé des formations musicales, conseiller écouté sur les enjeux des spectacles vivants, il portait en lui cette double exigence : créer et structurer, rêver et organiser.
Son rêve avait un nom, un lieu, une promesse : faire du centre WALÔ, porté par son épouse Rachelle AGBOSSOU, un haut lieu de la chorégraphie en Afrique, un espace où les corps raconteraient le monde avec la même intensité que les sons. Mais la maladie, implacable, a suspendu ce dessein avant qu’il n’atteigne toute son ampleur.
Et pourtant, jamais elle ne lui arracha l’essentiel : sa bonne humeur lumineuse, son humour vif, cette fidélité tranquille à ses principes qui faisait de lui un homme droit dans un monde souvent incertain.
Le Ministère se souvient de son engagement constant à ses côtés : directeur artistique de toutes les éditions de « Chante et danse avec l’Amazone », cette grande respiration culturelle qui anime l’esplanade de l’Amazone durant les vacances, où il avait imprimé sa marque — celle d’un regard exigeant et d’une passion sans compromis.
Il se souvient également de sa contribution au Festival International de Musique du Bénin, tenu du 29 avril au 3 mai 2015, dont il fut le président du comité d’organisation, contribuant à structurer des cadres de diffusion et de valorisation de la musique béninoise. En 2020, il imposa son empreinte en tant que directeur artistique de la chanson officielle « Bénin Riposte Covid » produite par le MTCA. Il avait mis son talent au service de la mobilisation collective en temps de crise.
Aujourd’hui, le MTCA perd plus qu’un collaborateur extérieur : il perd un compagnon de route, un veilleur, un aiguillon.
À la famille des musiciens, à ses proches, à tous ceux qui ont croisé sa route et reçu un peu de sa lumière, le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts adresse ses condoléances les plus profondes, les plus sincères et les plus émues.
À son épouse, Rachelle, dévouée à son sort, à son frère Éric TOTAH, ancien directeur de Cabinet du MTCA, nous adressons l’expression de nos regrets infinis.
La disparition de Richimir TOTAH ne se dit pas seulement en mots : elle se ressent comme un silence soudain dans une partition que l’on croyait ininterrompue.
Le Ministère




