Le Forum Pro QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement) Bénin, via le Creuset d’Échanges des Professionnels QHSE, a célébré ce vendredi 1er mai 2026, la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, couplée à la Fête du Travail. La 4e rencontre des membres s’est tenue au siège de l’Ordre des architectes et urbanistes du Bénin, autour du thème : « Veillons à ce que le lieu de travail soit sain sur le plan psychosocial ».
Entre sensibilisation, partage d’expériences et plaidoyer, le Forum veut imposer le psychosocial comme pilier de la qualité de vie au travail. À travers les thématiques du psychosocial, de la sécurité routière et de la santé visuelle, il a rappelé son leitmotiv : « sécurité d’abord ». Célébrer le 1er mai, c’est aussi marquer un arrêt pour réfléchir aux conditions de travail et à comment les améliorer.
« L’habitude n’est pas une norme »
Empêché, le président du Conseil d’administration, Francis Sekko, a adressé un message vidéo. Il a invité employeurs et salariés à « développer de bons comportements résistants au stress et à toute perturbation psychologique ». « Ne faisons pas de nos habitudes une norme. L’habitude n’est pas une conformité », a-t-il martelé, appelant au respect de la législation. Le Forum compte « plus de 690 membres », actifs depuis 2020.
Pour le président du Comité d’organisation, le secteur QHSE est « en plein essor » au Bénin. Sur tous les chantiers, informe Juste Milohin, pour tous les projets, il y a des QHSE employés. Au-delà de la sécurité, il y a « l’environnement, l’hygiène, la qualité », dit-il. L’accent est mis cette année sur le psychosocial, car « beaucoup n’arrivent pas à trouver dans leur milieu de travail le confort nécessaire pour être épanouis».
Santé mentale : « Ça n’arrive pas qu’aux autres »
Djomion Ahimakin, de l’association Art et bien-être mental, a ouvert les communications avec le court-métrage. Le film montre un employé traumatisé par la pression d’un supérieur. « L’employé n’est pas un esclave. Il est très important de privilégier la santé mentale sur le lieu de travail », a-t-il lancé.
Chiffres à l’appui, il affirme : « Une personne sur huit dans le monde souffre de troubles mentaux. Sur le lieu de travail, plus de 1000 milliards de dollars sont perdus tous les ans à cause du stress, de l’anxiété, du burn-out ». En Afrique, « 115% des personnes qui souffrent de troubles mentaux ne sont pas prises en charge. C’est énorme, parce que c’est tabou », fait-il remarquer. Il appelle à briser le silence : « Quand on ne va pas bien, il faut avoir le courage de le dire ». Aux chefs d’entreprise : « Ton employé n’est pas ton esclave. Si tu les traites comme du bétail, ça va être très difficile pour toi-même d’avancer ». Il plaide pour des psychologues en entreprise et des activités ludiques.
Sécurité routière : 1 000 décès par an, un défi pour tous
Koovi Yètè, chef service régulation du comportement des usagers de la route au Centre national de sécurité routière, a fait le point. « La sécurité routière est un sujet prioritaire du gouvernement », illustré par les « vastes programmes d’infrastructures routières ». Pourtant, à l’en croire « la sinistralité, c’est une moyenne de 1 000 décès par an au Bénin. Pour 13 à 14 millions d’habitants, c’est assez fort ».
Selon ses propos, le Bénin s’est engagé à Marrakech à réduire de 50% les accidents. Cela passe par « le respect des limitations de vitesse, des règles de dépassement, l’entretien du matériel roulant ». Une campagne de sensibilisation est en cours. « La sécurité routière est un problème de santé publique. C’est un combat individuel, familial, de toutes les composantes du corps social », a-t-il déclaré.
Les QHSE des entreprises de BTP ont été formés à la signalisation temporaire de chantier : présignalisation avec signaux AK, KC et B, signalisation de position avec balisage frontal et longitudinal, puis signalisation de fin de chantier, assure t-il « Le Bénin est en chantier. Les chantiers sont des zones à risque. Il faut que cette rupture soit bien gérée », a insisté Koovi Yètè.
Confort visuel : « L’œil, premier outil du travail »
Agnès Kouadio, opticienne-formatrice à La Paire Bénin, a clos les échanges. « Le premier outil du travail, c’est l’œil. Pour être productif, il faut avoir une bonne santé oculaire, que tu travailles sur un chantier ou dans un bureau », a-t-elle martelé.
Elle interpelle les employeurs : « La santé oculaire de leurs employés dépend d’eux. Lorsque ton employé voit bien, il est positif. Et quand il est positif, il y a plus de rendement ». Trop de carrières s’arrêtent en silence : « Un chauffeur licencié pour des incidents. Est-ce qu’on s’est demandé s’il ne voyait pas bien ? À cause des problèmes de vue, d’autres vont de façon anticipée à la retraite », se lamente t-elle.
Son conseil : intégrer le dépistage précoce, au moins une fois par an, donner des assurances maladie et sensibiliser. Aux employés : « Quand la vue se dégrade, il faut le signaler tôt pour trouver des solutions ensemble ».
Th.A.
