Dans le cadre de la célébration de la fête du travail, plusieurs manifestations commémoratives se sont déroulées à l’exception de celles prévues à la Bourse du travail. Elle y a interdite d’accès. Mécontent, le leader syndical et secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin), Anselme Amoussou a tenu à adresser un message au nouveau Président de la Republique élu, Romuald Wadagni. Lire son message!

MESSAGE DU SG/CSA-BENIN, ANSELME AMOUSSOU
Président Romuald Wadagni, ne soyez pas le Président d’une République mutilée!! Ça ne dure pas.
Hier 1er mai 2026, les bons citoyens ont marché pour remercier le président sortant. Les travailleurs, eux dont c’est la journée, ont été interdits de toute manifestation.
Une République ne se définit pas par l’enthousiasme qu’elle autorise, mais par la contradiction qu’elle protège.
Lorsqu’un État bénit une marche faite de dithyrambes et d’obséquiosités, mais réprime une marche de protestation pacifique, il devient méconnaissable et perd le respect des citoyens.
Dans une République digne de ce nom, la rue est le prolongement naturel du débat public, l’espace où s’expriment aussi bien l’adhésion que le désaccord.
Pendant qu’une manifestation de soutien, gonflée de courtisans et de repentis, est autorisée, encadrée et protégée, une autre, syndicale, légitime, est dispersée, empêchée, étouffée.
La Bourse du Travail, lieu historique de convergence des luttes ouvrières, est cadenassée dès l’aube par un impressionnant dispositif d’hommes en uniforme, comme si l’expression sociale, devenue délit dans ce pays, devait le rester jusqu’au bout des dix ans.
Empêcher l’accès à un lieu symbolique de rassemblement par un déploiement policier et militaire, pendant que d’autres défilent sous protection officielle, ce n’est ni prévenir le désordre ni garantir la sécurité. C’est fabriquer l’injustice, organiser l’arbitraire et semer les germes du chaos civique.
On ne consolide pas l’État en muselant les travailleurs, en criminalisant le syndicalisme.
Le syndicalisme, qu’il plaise ou non, n’est ni une anomalie ni une menace. Il est une composante historique de la démocratie, un contrepoids indispensable à l’arbitraire et un instrument de régulation sociale.
Le traiter comme un danger pendant que l’éloge devient vertu officielle, c’est inverser les valeurs et déséquilibrer la République.
Voici mon message de rappel pour le prochain président de la république:
– Une République digne de ce nom n’est pas le silence d’une rue quadrillée.
-Elle n’est pas l’unanimité fabriquée à coups d’autorisations sélectives, de répression ciblée et de presse intimidée.
-Elle est la coexistence pacifique du désaccord et de l’adhésion.
-Elle est le courage d’un Chef qui accepte d’être applaudi un jour et interpellé le lendemain.
-Elle n’est pas une citoyenneté à double vitesse
– Une République accorde le droit de célébrer une gouvernance et celui de la critiquer.
– les syndicats, les travailleurs et les citoyens n’attendent que vous perpétuiez un pouvoir unanimisé, mais un pouvoir juste.
– ils n’attendent pas l’éradication de la contestation, mais sa reconnaissance comme respiration démocratique.
– protéger la critique, ce n’est pas s’affaiblir, mais gouverner en républicain.
Monsieur Wadagni, permettez nous de co construire avec vous une République stable et apaisée qui protège à la fois la célébration et la contestation.






