Le dernier rapport mondial de l’hépatite 2026 de l’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme sur une crise sanitaire silencieuse mais dévastatrice. Malgré les avancées technologiques et médicales, les hépatites B et C continuent de frapper durement, provoquant 95% des décès liés aux hépatites à travers le globe. Chaque jour, plus de 4 900 nouvelles infections sont enregistrées, ce qui représente un total annuel de 1,8 million de cas.
L’Oms s’alarme de la progression persistante des hépatites virales. Tereza Kasaeva, directrice du département Hépatite à l’Oms, insiste sur l’urgence d’intégrer les services de prise en charge dans les soins de santé primaires pour atteindre efficacement les populations les plus vulnérables. La situation actuelle révèle une disparité flagrante dans les progrès accomplis. Si les nouvelles infections par l’hépatite B ont chuté de 32% depuis 2015, l’hépatite C ne connaît qu’une réduction timide de 8%. Plus inquiétant encore, la mortalité liée à l’hépatite B a augmenté de 17%, alors que cette maladie peut être prévenue par la vaccination.
Des obstacles persistants
Le dépistage et l’accès aux soins restent les maillons faibles de la riposte mondiale. En 2024, on estime que 287 millions de personnes vivaient avec l’une de ces deux formes d’hépatite. Pourtant, le taux de traitement demeure dérisoire : moins de 5% des patients atteints d’hépatite B chronique reçoivent des soins. Concernant l’hépatite C, seulement 20% des malades ont été traités depuis 2015, malgré l’existence d’un protocole de 12 semaines capable de guérir 95% des cas.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Oms, pointe du doigt la stigmatisation et l’inégalité d’accès aux soins comme obstacles majeurs. Il rappelle que les outils nécessaires pour éliminer cette menace existent, mais qu’une accélération massive est impérative. La concentration géographique de la maladie est également marquée, puisque dix pays seulement concentrent près de 70% des décès liés à l’hépatite B. La couverture vaccinale à la naissance, cruciale pour rompre la transmission mère-enfant, ne dépasse toujours pas les 45% à l’échelle mondiale, soulignant une faille critique dans la prévention initiale.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE
