Le premier acte diplomatique du septennat Wadagni pourrait se jouer à Niamey. Le 27 avril, le président du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a adressé une lettre officielle à Romuald Wadagni pour saluer sa « brillante victoire » du 12 avril. Il y assure le président élu de son « entière et constante disponibilité » à œuvrer pour le « raffermissement des liens d’amitié, de fraternité et de coopération » entre les deux pays.
Le message intervient alors que Romuald Wadagni a érigé la pacification des relations de voisinage en priorité de son mandat. Or, les rapports entre Cotonou et Niamey « ne sont pas au beau fixe » depuis la crise nigérienne de 2023 et la fermeture des frontières.
Le précédent Talon dans les esprits
Avec le désir affiché de Wadagni de recoller les morceaux dans la sous-région et les félicitations de Tiani, un rapprochement entre les deux hommes semble probable. Dans les milieux informés, on évoque déjà la probabilité d’une première visite officielle à Niamey. En 2016, Patrice Talon avait choisi le Togo pour son premier déplacement, avant même son investiture. « Wadagni pourrait faire la même chose en direction du Niger, étant donné nos intérêts avec ce pays frère », confie un observateur.
Port et sécurité : deux urgences
Deux dossiers poussent au dégel. Le Port de Cotonou reste une porte maritime stratégique pour le Niger, malgré la concurrence de Lomé. Côté sécurité, la lutte contre le terrorisme dans la zone des trois frontières exige une coopération. « Le Port de Cotonou, la lutte contre le terrorisme nécessite ce rapprochement », insiste un analyste. Reste un écueil : « le sujet qui fâche, c’est la présence supposée de troupes françaises au Nord ». Pour avancer, « il faudra des concessions, de part et d’autre », conclut-il.
Romuald Wadagni n’a pas encore réagi. Mais la main tendue de Niamey met sa diplomatie régionale à l’épreuve. « C’est l’occasion. À lui de saisir la perche », résume un diplomate. Sa première destination dira tout.
Th.A.


