(L’Apcb dans le vague)
Le secteur du bâtiment et des travaux publics traverse une zone de turbulences marquée par une instabilité des prix du ciment. Pour tenter de calmer le jeu, l’Association des producteurs de ciments du Bénin (Apcb) a publié un communiqué officiel signé par son président par intérim. Si l’organisation souhaite officiellement rassurer les usagers, la forme et le fond du message soulèvent de nombreuses interrogations.
L’Apcb affirme sans détour qu’aucune augmentation n’a été enregistrée au niveau des usines. Le message est clair : les unités de production fonctionnent normalement, aucune maintenance n’est en cours et l’offre reste constante pour répondre à une demande locale pourtant en forte croissance. Pour les industriels, le coupable est déjà tout trouvé : il s’agit des commerçants indélicats qui profitent de la situation pour orchestrer une spéculation sauvage sur le terrain. En réponse, l’association se contente d’appeler les distributeurs au respect des prix en vigueur et demande aux consommateurs de faire preuve de vigilance. Une posture qui, sur le papier, dégage la responsabilité des producteurs mais peine à offrir une solution concrète au portefeuille des Béninois.
Un communiqué laconique qui esquive l’essentiel
Le principal reproche que l’on peut faire à cette sortie médiatique est son caractère particulièrement laconique. Dans un climat social aussi tendu, l’Apcb semble s’enfermer dans une communication de façade. L’exercice de transparence aurait dû pousser l’association à être beaucoup plus précise. Au lieu de se limiter à des déclarations d’intention, elle aurait dû revenir explicitement sur les prix de cession à la sortie des usines. En l’absence de chiffres clairs et actualisés sur les tarifs auxquels les cimentiers vendent la tonne aux grossistes, le consommateur reste désarmé face aux revendeurs.
Publier ces prix de référence aurait permis de fixer une base de contrôle réelle pour les autorités et pour le public. En restant dans le vague, l’Apcb manque l’occasion de prouver sa bonne foi et laisse planer un flou qui, finalement, ne profite qu’à la persistance de la spéculation qu’elle prétend dénoncer.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE






