Avec 6,4% de croissance en 2025 et une notation B+ chez Standard & Poor’s, Romuald Wadagni hérite d’une économie assainie. Ancien ministre des Finances, il connaît les dossiers. Son défi : convertir les bons chiffres en emplois et pouvoir d’achat.
Le Bénin reste dépendant de trois piliers : le Port de Cotonou, le coton et l’aide extérieure. La diversification est urgente. Le président mise sur trois leviers. Un : l’agro-industrie, avec la GDIZ de Glo-Djigbé qui doit transformer cajou, soja et ananas sur place. Deux : le tourisme, autour du patrimoine vodun et de la Route des Esclaves. Trois : les services, en faisant de Cotonou un hub financier régional.
Le deuxième front est fiscal. L’élargissement de l’assiette est nécessaire pour financer les hôpitaux et écoles promis. Mais 80% de l’économie est informelle. Trop de pression tuerait les petits commerces. Le pari : digitaliser les paiements et inciter plutôt que punir.
Troisième front : la dette. Le Bénin a emprunté pour ses grands travaux. Les eurobonds devront être remboursés. La crédibilité de Wadagni auprès des marchés sera cruciale. Un dérapage budgétaire et les taux s’envolent.
Enfin, le social. L’inflation importée frappe le riz, l’huile, le carburant. Sans mesures ciblées, la croissance ne sera pas ressentie. Le président a sept ans pour prouver que rigueur peut rimer avec panier de la ménagère rempli.
Th.A.








