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Soutenance de thèse de doctorat à l’Université d’Abomey-Calavi: Hugues Roland Tao DIOGO décroche la mention très honorable avec félicitations du jury

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Ce jeudi 23 avril 2026, l’École Doctorale Pluridisciplinaire « Espaces, Cultures et Développement » de l’Université d’Abomey-Calavi a servi de cadre à la soutenance de thèse de doctorat de Hugues Roland Tao DIOGO. Devant un jury d’éminents universitaires, l’impétrant a brillamment défendu ses travaux portant sur les « Déterminants sociaux et culturels de l’utilisation de l’eau du lac Ahémé par les communautés riveraines de Kpomassè au Sud-Ouest du Bénin ».

Réalisée sous la direction du Dr Abdoulaye BENON MONRA, Maître de Conférences des Universités/CAMES, et la codirection du Dr Lucien AGBANDJI, Maître de Conférences des Universités/CAMES, cette recherche s’inscrit dans le champ de l’anthropologie de l’eau et du développement. À l’issue de sa présentation et des échanges avec le jury, Hugues Roland Tao DIOGO s’est vu décerner la mention très honorable avec les félicitations du jury, plus haute distinction académique.

Une recherche ancrée dans les réalités du lac Ahémé

Le lac Ahémé, deuxième plus grand plan d’eau du Bénin, est au cœur de la vie des populations de Kpomassè depuis des générations. Loin d’être une simple ressource naturelle, il est un espace de vie, de production et de sacralité. C’est cette complexité que l’impétrant a choisi d’explorer.

Dans son exposé, il a expliqué que sa thèse a analysé trois dimensions majeures :

Le profil socioculturel des communautés riveraines : organisation sociale, systèmes de parenté, rôles de genre et transmission des savoirs autour de l’eau. Les facteurs sociologiques et anthropologiques* qui motivent l’utilisation de l’eau du lac : pêche, agriculture, usages domestiques, mais aussi pratiques rituelles et thérapeutiques. Les représentations sociales associées au lac : considéré par certains comme habité par des divinités, soumis à des interdits et des totems, le lac Ahémé structure les comportements et régule l’accès à la ressource.

Des résultats qui interpellent les politiques publiques

Les conclusions de l’étude sont sans appel : malgré la multiplication des programmes d’adduction d’eau potable dans la commune de Kpomassè, les communautés restent profondément attachées à l’eau du lac Ahémé. Cet attachement n’est pas qu’économique. Il est symbolique, identitaire et spirituel.

« Les résultats montrent que les communautés sont encore bien ancrées dans les réalités socioculturelles qui les maintiennent attachées à cette eau », a souligné l’impétrant. Pour lui, ignorer cette dimension, c’est condamner à l’échec une partie des politiques publiques d’approvisionnement en eau potable.

 En effet, plusieurs projets d’infrastructures hydrauliques installées dans la zone connaissent un faible taux d’adhésion. Les populations continuent de privilégier l’eau du lac pour certains usages, même lorsqu’une borne-fontaine est disponible à proximité. Les raisons évoquées sont multiples : goût de l’eau, coût, mais surtout croyances et habitudes transmises depuis l’enfance.

Pour une gouvernance de l’eau qui intègre la culture

La principale recommandation de la thèse s’adresse directement aux décideurs. Hugues Roland Tao DIOGO plaide pour que les politiques publiques d’accès à l’eau potable intègrent véritablement les déterminants socioculturels. Il ne s’agit pas d’opposer modernité et tradition, mais de les articuler.

« Il faudra que les sensibilisations menées au niveau des communautés pour l’utilisation de l’eau potable puissent porter. Pour être efficaces, ces politiques doivent prendre en compte ces aspects culturels et les intégrer dès la conception des projets », a-t-il insisté.

Cela passe, selon lui, par une approche participative : associer les chefs traditionnels, les dignitaires de cultes endogènes et les leaders communautaires aux campagnes de promotion de l’hygiène et de l’eau potable. Cela implique aussi de valoriser les savoirs locaux plutôt que de les disqualifier.

Un jury conquis par la qualité scientifique

Le jury a salué la rigueur méthodologique du travail, la qualité des données de terrain collectées à Kpomassè et la pertinence des analyses. La thèse apporte une contribution notable à la compréhension des rapports entre eau, culture et développement en Afrique de l’Ouest. Elle ouvre des pistes concrètes pour repenser la gouvernance de l’eau dans les zones lacustres.

En décrochant la mention très honorable avec félicitations, Hugues Roland Tao DIOGO rejoint le cercle des jeunes chercheurs béninois dont les travaux éclairent l’action publique. Son étude rappelle une évidence souvent oubliée : aucune politique de développement ne réussit durablement sans une connaissance fine des sociétés qu’elle prétend servir.

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