Abomey-Calavi, ce mardi 21 avril 2026. La salle Léon Okiho de l’Université d’Abomey-Calavi a accueilli une soutenance de thèse très suivie. Le chercheur Ayéko Roméo Balogoun y a présenté les résultats de ses travaux sur la sédentarisation de l’élevage de bovins dans le Département des Collines, devant un jury international composé de spécialistes en géographie, gestion environnementale et pastoralisme. Le jury lui a décerné une mention très honorable et lui a adressé ses félicitations.
À travers une méthodologie combinant recherche documentaire et enquêtes de terrain, Roméo Balogoun a dressé un portrait complet du système d’élevage bovin dans les Collines. Ses résultats montrent la coexistence de deux groupes principaux : les éleveurs transhumants et les agro-pasteurs autochtones. La taille des troupeaux varie fortement, allant de 5 à 150 têtes selon les exploitations.
L’étude révèle une progression notable de la production bovine entre 2000 et 2023. Les taux de croissance observés s’échelonnent de 134 % à 272 % selon les zones. Sur le plan économique, la vente des bovins confirme l’importance stratégique du sous-secteur. Un éleveur peut dégager un revenu net de l’ordre du million de FCFA par tête vendue, ce qui fait de l’élevage un pilier pour de nombreux ménages ruraux.
Des contraintes qui freinent l’essor du sous-secteur
Malgré ce potentiel, la thèse met en lumière plusieurs défis majeurs. Le relief accidenté et les risques d’inondation compliquent les déplacements et l’installation des troupeaux. La déforestation est préoccupante, avec plus de 5 750 hectares de couvert végétal perdus. Cette pression sur les ressources entraîne une raréfaction du fourrage. À cela s’ajoutent le tarissement des points d’eau et la récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs.
Face à ces difficultés, les éleveurs développent des stratégies d’adaptation. L’abreuvement payant se généralise dans certaines zones. D’autres valorisent les résidus agricoles pour nourrir le bétail ou pratiquent la micro-transhumance afin de suivre les poches de pâturage disponibles.
Des pistes pour une sédentarisation durable
Pour dynamiser l’élevage bovin dans les Collines, Roméo Balogoun formule plusieurs recommandations. Il propose le renforcement des capacités techniques des éleveurs, la mise en place de mécanismes de médiation sociale pour prévenir les conflits, le reboisement pastoral et la création de banques fourragères dans chaque commune.
Le point d’orgue de son travail est l’élaboration d’un plan type de sédentarisation responsable et durable. L’objectif est de concilier les intérêts des différents acteurs du monde rural tout en assurant une gestion apaisée des ressources. Ces pistes ouvrent la voie à une transformation en profondeur du sous-secteur.
Une soutenance saluée par le jury
Le jury, composé de professeurs de renommée internationale, a salué la qualité scientifique du travail et son utilité pour les politiques publiques. Les membres ont jugé les résultats de Ayéko Roméo Balogoun dignes d’intérêt et lui ont décerné le titre de Docteur de l’Université d’Abomey-Calavi avec la mention très honorable et les félicitations du jury.
La soutenance s’est conclue sous des applaudissements nourris. La richesse des données présentées et la pertinence des recommandations ont suscité un vif intérêt, tant la question de l’élevage bovin reste au cœur des enjeux agricoles, économiques et environnementaux dans le Département des Collines.
Thomas AZANMASSO
