Ces résultats soulignent à la fois l’utilité de ces mesures et leurs limites pour prédire les pertes d’emplois ou les résultats du marché du travail.
GENÈVE (Nouvelles de l’OIT) – Une nouvelle note de recherche de l’Organisation internationale du travail (OIT) examine comment les indicateurs d’exposition à l’intelligence artificielle (IA) sont utilisés pour évaluer les impacts potentiels sur l’emploi, soulignant à la fois leur valeur et leurs limites.
Face à l’intérêt croissant pour l’intelligence artificielle générative (IAG), les indicateurs d’exposition sont de plus en plus utilisés pour estimer quelles tâches et professions pourraient être automatisées ou transformées. Cependant, l’OIT souligne que ces mesures ne doivent pas être interprétées, à elles seules, comme des prédictions de pertes d’emplois ou de conséquences sur le marché du travail.
Ce document montre que les résultats varient selon la méthode de mesure de l’exposition. Les premières approches, fondées sur l’automatisation, désignaient les emplois peu qualifiés et routiniers comme les plus à risque. Des mesures plus récentes, basées sur les capacités de l’IA, identifient quant à elles les professions cognitives hautement qualifiées – notamment dans les secteurs du commerce, de la finance, de l’informatique et de l’éducation – comme étant parmi les plus exposées.
Ce rapport souligne également que l’exposition à l’IA ne se limite pas aux emplois directement concernés. Les professions les plus exposées sont souvent étroitement liées à d’autres par le partage de compétences et de parcours professionnels, ce qui signifie que les changements survenus dans ces rôles peuvent avoir des répercussions importantes sur l’ensemble du marché du travail.
Parallèlement, toutes les mesures d’exposition présentent d’importantes limites. Elles reposent sur des descriptions statiques des tâches actuelles, ne tiennent pas compte de la faisabilité économique ni des contraintes d’adoption, et reflètent des hypothèses subjectives. Surtout, elles appréhendent le potentiel de l’IA, dans une première étape de l’analyse, et non sa réalité.
L’OIT souligne que les indicateurs d’exposition doivent être interprétés comme des signaux précoces d’évolution du marché du travail. Pour éclairer efficacement les politiques publiques, ces indicateurs doivent être considérés comme des signaux d’alerte précoce et combinés à des données sur l’évolution réelle du marché du travail, notamment l’emploi, les salaires et les transitions professionnelles, ainsi qu’à une analyse des facteurs économiques et institutionnels plus larges qui influencent l’adoption de l’IA.
En clarifiant à la fois les atouts et les limites de ces outils, l’OIT vise à aider les décideurs politiques à utiliser les mesures d’exposition à l’IA de manière responsable et à concevoir des politiques qui favorisent des résultats inclusifs et durables sur le marché du travail.
M.M



