Les résultats enregistrés à mi-parcours du projet « Oriki Mi » témoignent d’une avancée méthodique et structurée. Quatre mois après son lancement, l’initiative portée par l’Ong Ecrivains Humanistes du Bénin affiche des acquis tangibles, présentés vendredi 17 avril 2026 à la Bibliothèque Bénin Excellence de Godomey, lors d’une conférence de presse réunissant acteurs culturels et partenaires techniques et financiers.
Au cœur de cette première phase, la mise en place d’un comité scientifique a permis de poser les bases d’un travail rigoureux de sauvegarde du patrimoine immatériel. Vingt-cinq clans relevant des aires culturelles Goun, Nago et Yoruba ont été identifiés et cartographiés. Des équipes de collecteurs ont ensuite été déployées sur le terrain pour recueillir les panégyriques claniques, éléments essentiels de la mémoire collective. Ce matériau a fait l’objet d’un traitement minutieux : transcription, tri et traduction, en vue de la constitution d’un répertoire structuré, à la fois en version écrite et audio.
Selon les responsables du projet, cette étape fondatrice consacre une dynamique de valorisation culturelle rarement menée avec une telle systématicité. « Oriki Mi », qui signifie « Mon panégyrique » en langue fon, ambitionne en effet de transmettre aux jeunes générations un héritage identitaire en voie de fragilisation.
Au classement des priorités, la transmission et la valorisation du patrimoine occupent une place centrale. La seconde phase du projet, annoncée pour les prochains mois, s’inscrira dans cette continuité. Elle sera marquée par la création d’une œuvre théâtrale inspirée des panégyriques collectés, ainsi que par l’édition du répertoire en cours d’élaboration.
Partenaire financier du projet à travers le Fonds du Développement des Arts et de la Culture, l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac) salue une initiative à double portée. D’une part, elle constitue une source d’inspiration pour les artistes contemporains ; d’autre part, elle offre une base documentaire précieuse pour les chercheurs. Entre exigence scientifique et ambition artistique, « Oriki Mi » s’affirme ainsi comme un projet structurant, au service de la mémoire et de la création.
M.M.
