À Parakou, notamment à l’auto-gare d’Albarika, point névralgique du transport interurbain, les départs vers Cotonou rythment le quotidien de centaines de voyageurs. Étudiants, commerçants, fonctionnaires ou simples citoyens s’y croisent, avec un objectif commun : rallier la capitale économique ou revenir dans la cité des Kobourou. Mais derrière l’accessibilité des tarifs se cache une réalité qui mérite aujourd’hui une attention particulière.
Sur l’axe Cotonou–Parakou, la concurrence entre compagnies de transport a progressivement tiré les prix de certaines compagnies vers le bas. Une situation qui profite aux usagers, certes, mais qui soulève également des interrogations sur les conditions de voyage.
Dans certains cas, des bus en état approximatif de marche continuent d’être mis en circulation. À cela s’ajoutent des pratiques comme la surcharge, parfois au-delà des capacités prévues, avec des passagers supplémentaires ou des colis encombrants occupant même les allées intérieures. Une configuration qui, en cas d’incident, pourrait compliquer les évacuations et accroître les risques.
Au-delà de l’état des véhicules, d’autres réalités du terrain interpellent les voyageurs. Retards de départ répétés, arrêts fréquents et non planifiés en cours de route, ou encore pannes techniques imprévues viennent parfois rallonger des trajets déjà éprouvants. À ces désagréments s’ajoutent des témoignages évoquant un manque de courtoisie de certains agents de bord, notamment des percepteurs, à l’égard des passagers. Des situations qui, sans être généralisées, contribuent à ternir l’expérience de voyage. Autre difficulté relevée : l’absence d’identification claire de certaines compagnies. Des bus sans enseigne visible circulent, rendant difficile pour les usagers de savoir à quelle compagnie ils font confiance.
Aux abords de la gare d’Albarika, notamment en face, la présence de racoleurs constitue une autre préoccupation. Ces derniers, souvent très insistants, abordent les passagers dès leur arrivée, rendant parfois difficile la libre circulation et le choix serein d’une compagnie. Si cette pratique s’inscrit dans une logique de concurrence, elle peut aussi créer un climat de confusion, voire d’inconfort pour les voyageurs, notamment les nouveaux venus.
Le transport interurbain joue un rôle essentiel dans la mobilité des populations et le dynamisme économique du pays.
L’enjeu aujourd’hui n’est pas de pointer du doigt, mais d’encourager une amélioration continue des services proposés. Garantir des bus en bon état, limiter les surcharges, renforcer le respect des passagers et mieux organiser les espaces de départ sont autant de pistes qui pourraient contribuer à rehausser la qualité du transport sur cet axe stratégique. Voyager à moindre coût ne devrait pas se faire au détriment de la sécurité et du confort. Si les compagnies ont un rôle majeur à jouer, les usagers eux-mêmes sont également interpellés sur leurs choix et leurs exigences.
Dans un contexte où les déplacements entre Cotonou et Parakou restent essentiels,
l’amélioration des conditions de transport apparaît comme une nécessité partagée. Car au-delà du prix du billet, c’est bien la valeur de la vie humaine qui est en jeu.
Fayçal DRAMANE






