Réunies à Cotonou ce mardi 21 avril 2026 à l’Hôtel Bénin Royal de Cotonou, les responsables d’Amnesty International Bénin ont présenté le rapport annuel mondial sur les droits humains. Ce document recense les violations documentées en 2025, dénonce les offensives contre l’ordre international et détaille les défis spécifiques du Bénin en matière de libertés publiques et de détention.
Amnesty International Bénin a procédé au lancement officiel de son rapport annuel 2025-2026. Dieudonné Dagbeto, Secrétaire exécutif de l’organisation, a exposé les conclusions d’un document couvrant la situation des droits humains dans 155 pays. Le rapport souligne une phase de dégradation caractérisée par des pratiques autoritaires et des attaques contre les cadres juridiques internationaux. Selon l’organisation, l’année 2025 a été marquée par une remise en cause du multilatéralisme par des acteurs étatiques puissants. Dieudonné Dagbeto a déclaré que le Rapport ne parle plus seulement de l’érosion en matière de système, mais même d’une attaque directe contre les fondements des droits humains et l’ordre international. L’analyse mondiale met en exergue l’escalade des conflits au Moyen-Orient, au Soudan, en Ukraine et en République démocratique du Congo. Le rapport mentionne des frappes contre des infrastructures civiles, des violences sexuelles et des déplacements massifs de populations. Amnesty International note une utilisation sélective du droit international par certains gouvernements, ce qui fragilise les mécanismes de protection globale. Malgré ce constat, le texte rapporte des mouvements de résistance civile et des pressions juridiques internationales, notamment contre le commerce des armes.
Quant au Bénin…
Au niveau national, le rapport 2025-2026 consacre une section aux libertés fondamentales au Bénin. Amnesty International fait état de restrictions persistantes concernant la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique. Le document mentionne le recul du pays dans les classements mondiaux de la liberté de la presse. Dieudonné Dagbeto a précisé que les autorités continuent d’utiliser des dispositions légales pour limiter la critique, citant les arrestations de journalistes et d’acteurs politiques en 2025. Sur le plan sécuritaire, le nord du Bénin reste confronté à des attaques de groupes armés, entraînant une augmentation du nombre de personnes déplacées internes. L’Organisation internationale pour les migrations a, d’après ses propos, recensé 27 294 déplacés en juillet 2025, dont la majorité vit dans des conditions précaires avec un accès limité à l’eau et à la santé. Le rapport critique également le recours à la détention provisoire sous le couvert des lois antiterroristes et les conditions de vie dans les établissements pénitentiaires. Concernant les droits économiques, Amnesty International documente des expulsions forcées dans les zones côtières de Cotonou, notamment à Fiegnon 1, sans indemnisation adéquate pour les 3 000 personnes concernées. En conclusion de la présentation, le Secrétaire exécutif a rappelé l’indépendance financière et politique d’Amnesty International. L’organisation a adressé des recommandations aux autorités béninoises issues des scrutins de 2026. « Le Bénin doit garantir les libertés d’expression, d’association et de réunion, améliorer les conditions de détention et promouvoir les droits à un procès équitable », a affirmé Dieudonné Dagbeto. Amnesty International appelle l’État à engager des réformes pour se conformer aux obligations internationales, tout en invitant la société civile à maintenir une vigilance sur la protection des groupes vulnérables et l’égalité des genres. L’organisation a également présenté son manifeste sur les droits humains pour la période 2026-2033.
J.G






