L’arrivée au pouvoir de Romuald Wadagni suscite de fortes attentes sur le terrain économique. Fort de son expérience à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, il incarne une certaine continuité dans la gestion macroéconomique du pays. Mais cette continuité, si elle rassure les partenaires techniques et financiers, pose une question essentielle pour les citoyens, celle de l’impact réel des performances économiques sur leur quotidien.
Au cours des dernières années, le Bénin a enregistré des taux de croissance soutenus, salués par de nombreuses institutions internationales. Les réformes engagées ont permis d’améliorer le climat des affaires, d’attirer des investissements et de moderniser certains secteurs clés de l’économie. Sur le papier, les indicateurs sont encourageants.
Mais sur le terrain, le ressenti est plus nuancé. Dans les marchés, dans les quartiers populaires comme dans les zones rurales, nombreux sont ceux qui affirment ne pas percevoir les bénéfices de cette croissance. Le coût de la vie, les difficultés d’accès à l’emploi et la précarité persistante alimentent un sentiment de décalage entre les discours officiels et la réalité vécue.
C’est précisément sur ce point que le nouveau président est attendu. Il ne s’agit plus seulement de produire de la richesse, mais de la redistribuer de manière équitable. La notion de croissance inclusive devient ainsi centrale.
Pendant la campagne, Romuald Wadagni avait mis en avant plusieurs axes stratégiques. Il avait notamment insisté sur la transformation structurelle de l’économie, avec un accent particulier sur l’industrialisation et la valorisation des ressources locales. L’objectif affiché était clair, créer des emplois massifs et durables.
L’agriculture, qui occupe une grande partie de la population active, constitue un levier majeur. Sa modernisation, son financement et son intégration dans des chaînes de valeur plus larges sont indispensables pour améliorer les revenus des producteurs.
Par ailleurs, le développement des petites et moyennes entreprises apparaît comme un enjeu crucial. Ces structures, souvent fragiles, jouent pourtant un rôle essentiel dans la création d’emplois. Leur accès au financement, à la formation et aux marchés doit être facilité.
La question territoriale ne peut être ignorée. Le développement économique du Bénin ne peut se limiter à quelques pôles urbains. Il doit être pensé de manière équilibrée, en tenant compte des spécificités et des besoins de chaque région.
Le président devra également composer avec un environnement international incertain, marqué par des tensions économiques et des fluctuations des marchés. Cette réalité impose une gestion rigoureuse, mais aussi une capacité d’adaptation.
Au-delà des chiffres, c’est donc une vision globale du développement qui est attendue. Une vision qui place l’humain au cœur des politiques publiques. Une vision qui réduit les inégalités et qui offre des perspectives à tous.
Le défi est immense, mais il est à la hauteur des attentes. Car pour de nombreux Béninois, l’économie ne se résume pas à des statistiques. Elle se mesure dans leur capacité à se nourrir, à se soigner, à éduquer leurs enfants et à envisager l’avenir avec confiance.
Thomas AZANMASSO






