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 Marcel Zounon après la présidentielle du 12 avril 2026: «…le nouveau Président est attendu de façon pressante sur la question du pouvoir d’achat et du « panier de la ménagère…»

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Au lendemain du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, et à la veille de s’envoler pour l’Hexagone où il rejoindra ses pairs pour des assises de haute importance consacrées au Patrimoine Culturel Immatériel, Marcel Zounon nous a accordé un entretien exclusif. L’Expert-consultant international (PCI), qui figure parmi les soutiens les plus ardents de Romuald Wadagni, livre ici ses impressions sur le déroulement de l’élection. Il y décline avec précision les aspirations de ses concitoyens ainsi que les défis majeurs qui attendent le secteur des Arts et de la Culture sous la nouvelle mandature.

Marcel Zounon, vous avez vécu cette campagne de l’intérieur engagé aux côtés de Romuald Wadagni. Quel regard portez-vous sur le déroulement du scrutin du 12 avril dernier ?

Je qualifierais mon regard de résolument positif, empreint d’une entière satisfaction. En observant la classe politique béninoise, et singulièrement à travers le prisme des ambitions portées depuis l’indépendance, force est de constater que le programme de société présenté récemment à Cotonou offre de réelles perspectives de réussite.

Ce sentiment de plénitude découle également du climat dans lequel s’est tenu le scrutin : la campagne électorale, tout comme le vote, se sont déroulés dans une sérénité exemplaire. Cela témoigne de la grande maturité du peuple béninois qui, en dépit de quelques velléités de contestation face aux réformes audacieuses et rigoureuses engagées par le Président sortant, Patrice Talon, a su privilégier la paix et la stabilité des institutions.

Selon votre analyse, quels ont été les piliers de cette victoire et comment avez-vous perçu la maturité des électeurs béninois lors de cette journée historique ?

On peut affirmer sans l’ombre d’un doute que le socle de cette victoire repose, en premier lieu, sur l’engagement des formations politiques de la majorité présidentielle, dont le travail de terrain s’est révélé exemplaire. Cet élan a été par la suite amplifié par l’éclosion spontanée de multiples mouvements de soutien. L’adhésion populaire a véritablement pris une dimension massive dès l’instant où le candidat a décliné son projet de société, lequel a suscité un enthousiasme manifeste au sein de la nation béninoise.

Il est d’ailleurs remarquable d’observer que, malgré la persistance d’une opposition parfois irréductible, des figures de proue ainsi que des groupements majeurs à l’instar de la FEROW, du ROW ou du Mouvement Synergie ont choisi de se rallier à la vision de Romuald Wadagni. Ce rassemblement a transcendé les clivages, comme en témoigne la mobilisation unanime des communautés Xwla, Péda, Guin, Popo et Adja ; une preuve supplémentaire, s’il en fallait, de l’attachement indéfectible du terroir à l’un de ses fils les plus éminents.

En somme, ce processus électoral s’est achevé sous les meilleurs auspices. Il nous appartient désormais de saluer la détermination des mouvements de soutien, la cohésion des partis de la mouvance, ainsi que la clairvoyance du peuple qui a plébiscité la candidature de Romuald Wadagni.

 Le Président Patrice Talon quitte le pouvoir en ayant respecté sa parole de ne pas réviser la Constitution pour s’y éterniser. En tant que cadre émérite de l’administration et citoyen, quelle valeur symbolique accordez-vous à ce geste pour la démocratie béninoise et que vous inspire ce passage de témoin à une nouvelle génération incarnée par le candidat que vous avez soutenu ?

Il convient de souligner que le Président Patrice Talon est demeuré fidèle à son engagement, celui de ne point briguer de troisième mandat. C’est là un acte politique majeur : en dépit du tumulte suscité par des réformes ambitieuses et de l’assise confortable d’une majorité qui aurait pu l’inciter au plébiscite, le Chef de l’État a fait preuve d’une intégrité inébranlable. En respectant sa parole, il s’est érigé en digne héritier de la lignée de Houégbadja, incarnant les valeurs d’un Béninois résolument convaincu et engagé.

Cette fidélité à la parole donnée constitue un précédent moral qui mérite d’être intégré au cœur de notre système éducatif, tant formel que non formel. Renoncer volontairement à l’exercice du pouvoir et à l’accaparement des ressources de la nation, alors même que l’on dispose de tous les leviers pour s’y maintenir, est un acte de haute stature qu’il convient de saluer. C’est une vertu essentielle qu’il nous appartient désormais de cultiver pour l’édification des générations futures.

Le nouveau locataire de la Marina s’apprête à prendre ses fonctions en mai prochain. Au-delà de l’euphorie de la victoire, quels sont, selon vous, les chantiers prioritaires sur lesquels le régime Wadagni est attendu pour consolider les acquis des dix dernières années tout en apportant sa propre touche de dynamisme?

S’agissant de cette problématique, il est indéniable que le nouveau Président est attendu de façon pressante sur la question du pouvoir d’achat et du « panier de la ménagère ». Ce dernier, dont la précarité actuelle préoccupe l’ensemble de nos concitoyens, constitue le défi majeur de son début de mandat. Je demeure toutefois convaincu que ses qualités d’homme de terrain, son altruisme et son courage exemplaire lui permettront d’œuvrer avec détermination à l’amélioration des conditions de vie des ménages.

Qu’il s’agisse des usagers des marchés, des artistes, des artisans ou des fonctionnaires, toutes les couches sociales attendent désormais des actes concrets. Une revalorisation salariale ainsi qu’une révision du SMIG apparaissent comme des leviers indispensables pour répondre aux aspirations profondes du peuple. En s’emparant avec vigueur de ces chantiers, ce digne fils du grand Mono confirmera à la nation la justesse de son choix et transformera l’espoir populaire en une satisfaction durable.

En tant qu’Expert International du Patrimoine Culturel Immatériel et ancien Directeur de l’Ensemble Artistique National, quelles sont vos attentes spécifiques pour le secteur culturel sous le mandat à venir ?

S’agissant de nos attentes spécifiques envers le nouveau Président de la République pour le secteur de la Culture, il nous semble impératif de constituer une équipe de direction solide, composée d’experts chevronnés et de praticiens avertis. La culture ne doit plus être perçue comme un simple ornement, mais comme un véritable gisement d’emplois et un moteur de croissance. D’ailleurs, la communauté internationale, sous l’égide des Nations Unies, reconnaît désormais la culture comme un levier déterminant pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Conformément aux résolutions onusiennes, notamment la résolution A/RES/78/161 de 2023 qui statue sur la culture et le développement durable adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies en décembre 2023 ; affirme que la culture est un levier essentiel du développement durable. Elle doit être intégrée dans toutes les politiques publiques et contribuer à l’atteinte des 17 ODD (Objectifs du Développement Durable), conformément à la CULTURE ET L’AGENDA 2030.

Le modèle de développement de la République Populaire de Chine illustre parfaitement cette approche : de l’intelligence artificielle aux mathématiques, en passant par les relations internationales et les enjeux climatiques, tout y est ancré dans un socle culturel profond. Lorsqu’un pays fonde sa stratégie d’émergence sur son identité et son patrimoine, il accède à un développement authentiquement durable et inclusif.

Il existe des schémas de développement culturel éprouvés qu’il conviendrait de revisiter et d’adapter aux réalités endogènes de notre pays. En agissant ainsi, le Chef de l’État accomplirait une mission historique. À l’heure du bilan, cette impulsion viendrait parachever les efforts consentis durant la décennie écoulée par le Président Patrice Talon et son gouvernement, plaçant ainsi le Bénin, de façon irréversible, sur la voie de la prospérité durable.

Comment Wadagni pourrait-il, selon vous, transformer davantage l’économie de la culture pour en faire un véritable levier de croissance?

À l’heure actuelle, certains indicateurs stratégiques ne sauraient être ignorés. Si des avancées législatives et réglementaires ont amorcé la structuration du secteur de la Culture et du Patrimoine, il est impératif de poursuivre cet effort normatif afin d’asseoir les fondements d’un développement réellement structurel. Cette ambition suppose, au préalable, un assainissement global du secteur, corrélé à l’édification d’infrastructures pérennes dédiées à la création, à la promotion et à la diffusion des œuvres de l’esprit. À cet égard, le déploiement des « arènes culturelles », amorcé sous la précédente mandature, doit s’intensifier pour doter chaque commune d’un espace de médiation et de loisirs sains, propice au dialogue communautaire.

Par ailleurs, l’acquisition d’équipements de pointe est indispensable pour fluidifier la production artistique et en accroître la compétitivité. Cette modernisation technique doit s’accompagner d’une réflexion approfondie sur les mécanismes de financement. En effet, malgré les efforts consentis, la précarité persiste au sein de la corporation, comme en témoignent les nombreux drames sociaux et sanitaires touchant les acteurs culturels. Il convient donc de placer les industries culturelles et l’artisanat véritable conservatoire de nos savoir-faire au cœur de notre dynamique de croissance.

Enfin, la culture doit être appréhendée dans toute sa profondeur pour devenir un instrument de régulation sociale et diplomatique. Qu’il s’agisse de la résolution des conflits transfrontaliers, de l’adaptation aux défis climatiques ou de l’apaisement des tensions civiles, notre patrimoine offre des clés de compréhension essentielles. En renforçant le programme des classes culturelles et en intégrant plus massivement nos valeurs endogènes au sein du système éducatif, nous façonnerons un citoyen de type nouveau : un citoyen dont l’engagement envers le développement national prendra racine dans la fierté et la connaissance de sa propre identité.

Si vous aviez un message personnel à adresser au nouveau Président élu au nom des acteurs culturels que vous côtoyez depuis des décennies, quel serait-il pour marquer le début de cette nouvelle ère à la Marina ?

Le message personnel que je souhaite adresser au nouveau Président de la République est un appel au courage, à la vigilance et à une conscience aiguë des responsabilités qui lui incombent. Je ne méconnais pas l’ampleur des défis qui l’attendent, mais je demeure persuadé qu’il saura les relever avec brio. Le digne fils du grand Mono ne saurait faillir ; il portera haut le flambeau du succès et apportera une contribution décisive au développement durable de notre nation.

Tout en lui adressant mes plus chaleureuses félicitations, je l’exhorte toutefois à la prudence et au discernement. Dans cet océan de soutiens qui se manifestent aujourd’hui, il lui faudra naviguer avec circonspection et savoir s’élever au-dessus des courtisaneries et des contradictions inévitables. C’est à ce prix, en faisant preuve d’une hauteur de vue constante, qu’il mènera sa mission à son plein accomplissement.

Propos recueillis pour AHOUANDJO TV par Houégnon Patrick Esdras Allegria

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