(Dah Aké Oundjèglo Kpliguidi, un atout spirituel pour le Bénin)
Lancées ce dimanche sous des auspices divins, les Journées Universelles du Mystère de Hoxó déploient depuis quarante-huit heures l’étendue de leur faste et de leur spiritualité. Entre rites séculaires et témoignages saisissants, cette célébration, placée sous l’égide de Sa Majesté Dah Aké Oundjèglo Kpliguidi, s’affirme comme un rendez-vous incontournable du patrimoine immatériel.
C’est un envol magistral que viennent de prendre les «Journées Universelles du Mystère de Hoxó». Depuis ce dimanche, la ferveur est à son comble sous la direction éclairée du Roi des Jumeaux, Président de la Fraternité Hoxó Nubùdo. Ce lundi, le temps semble s’être suspendu pour laisser place à la continuité des rites. Dans une atmosphère chargée d’encens et de mystère, les jumeaux qu’ils soient présents en chair ou symboliquement évoqués par ceux ayant rejoint «la forêt à la recherche du bois de chauffe» sont au centre de toutes les attentions.
Le rythme avant le verbe
Avant que la parole ne soit donnée aux officiels, c’est le langage des percussions qui a dicté sa loi. Les rythmes de prédilection des Jumeaux ont résonné de longues heures durant, faisant vibrer les cœurs et les corps, comme pour préparer l’assemblée à la solennité des allocutions.
La partie protocolaire a vu défiler à la tribune des figures emblématiques de la sauvegarde de nos traditions. Après l’intervention remarquée de Hounnongan Agboton Gbobè, Président de la Coordination Atlantique de la Fraternité Hoxó Nubùdo, c’est Oluwo Gilbert Dakè Djokess, Président de la Fondation Œcuménique pour la Promotion de la Paix (FOPA), qui a captivé l’auditoire.
Du scepticisme à la révélation : Le témoignage du Pays-Bas
Loin des discours de circonstance, Oluwo Gilbert Dakè Djokess a livré un plaidoyer vibrant pour une reconsidération profonde de nos croyances. Avec une sincérité désarmante, il a confessé son ancien mépris pour le culte des Jumeaux, et plus particulièrement pour les statuettes représentant les disparus.
«Ne minimisez jamais leurs forces surnaturelles», a-t-il martelé, avant de relater une expérience mystique vécue en terre hollandaise. C’est aux Pays-Bas que les puissances des Hoxó lui auraient manifesté l’étendue de leur capacité, transformant son doute en une foi inébranlable. Un récit qui a agi comme un électrochoc, invitant chacun à l’amour et au respect de cette gémellité sacrée.
La communion par la prière
L’événement a ensuite basculé dans une dimension purement spirituelle. Sous l’œil vigilant et bienveillant de Miannon Lonhounson Iya Alatchè Babylone, épaulée par Oluwo Gilbert Dakè Djokess, les garants de la tradition ont conduit une séance de prières intenses.
Alors que les festivités se poursuivent, ces journées rappellent que derrière le folklore se cache une science de l’invisible, un socle identitaire qui continue de définir notre rapport au monde. Le mystère de Hoxó n’a pas fini de livrer ses secrets.
Patrick HY(coll.)

