Dans le cadre de la 14ᵉ édition du Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan, le Goethe-Institut d’Abidjan a accueilli, ce mercredi 15 avril, le spectacle de danse contemporaine Kanga Nianze, présenté par la compagnie ivoirienne Les Pieds dans la Mare. Une création intense et poignante, portée par une thématique lourde de sens : la traite négrière.
Dès les premières minutes, le public, venu nombreux, s’est retrouvé plongé dans une atmosphère à la fois solennelle et immersive. Sous la direction de la chorégraphe Jenny Mezile, les danseurs ont su traduire, avec une justesse saisissante, les douleurs, les résistances et les fragments de mémoire liés à cette tragédie historique.
Chaque tableau du spectacle a suscité de vives émotions dans la salle. Entre silences pesants et regards figés, les spectateurs ont été particulièrement marqués par les scènes évoquant le lavage rituel des captifs, symbole de l’effacement forcé des identités. Une séquence qui, pour beaucoup, a résonné comme un rappel brutal des insuffisances dans la transmission de cette histoire.
« C’est un spectacle qui vous prend aux tripes », confie une spectatrice encore émue à la sortie. « On ne regarde pas seulement, on ressent, on vit chaque instant. »
Au-delà de la souffrance, Kanga Nianze s’est aussi voulu un hommage vibrant aux ancêtres déportés et à la résilience des peuples africains. Le spectacle met notamment en lumière la figure des héroïnes africaines, issues de territoires comme le Dahomey, la Côte d’Ivoire, le Nigeria ou encore le Zimbabwe. Leur combat, résumé en une question centrale — lavage ou liberté — trouve une réponse claire et puissante : la liberté.
Ce message d’espoir et de résistance a trouvé un écho particulier lors du final. Portés par le morceau Freedom, repris en chœur par les danseurs et le public, les spectateurs se sont levés, dans une communion rare.
À l’issue de la représentation, Jenny Mezile a exprimé sa profonde gratitude envers le Goethe-Institut ainsi que les autorités présentes. Elle a rappelé la portée de cette œuvre, conçue comme un pont entre mémoire et conscience, invitant chacun à ne pas oublier les réalités de la traite négrière.
Avec Kanga Nianze, Les Pieds dans la Mare ne livrent pas seulement un spectacle : ils offrent une expérience émotionnelle forte, saluée par un public touché, conscient et profondément marqué. Un moment fort du MASA 2026, où l’art devient mémoire et engagement.
Par Akpédjé Grâce AVIMADJE
(depuis Abidjan)


