La victoire écrasante du duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata à l’élection présidentielle du 12 avril 2026, avec plus de 94 % des suffrages exprimés et un taux de participation avoisinant les 58,75 %, ne saurait être analysée uniquement à l’aune du contexte politique national. Derrière cette performance électorale se dessine le rôle déterminant d’une nébuleuse de mouvements et associations de soutien, qui ont structuré et amplifié la mobilisation à travers tout le territoire béninois.
Dès les mois précédant le scrutin, la dynamique s’est enclenchée avec la mise en place de plateformes fédératrices, notamment Bénin Uni et Solidaire (Bus). Lancée avec l’adhésion de 83 mouvements, cette structure s’est rapidement imposée comme un outil stratégique de mobilisation populaire. En se positionnant comme un cadre inclusif, au-delà des partis politiques traditionnels, elle a permis d’élargir la base électorale et de toucher des franges variées de la population.
Au-delà du Bus, plusieurs regroupements tels que les « Amis de Romuald Wadagni », les « Disciples de Romuald Wadagni » ou encore des collectifs locaux ont multiplié les actions de terrain. Réunissant parfois des centaines d’associations, ces mouvements ont organisé caravanes, meetings, séances de sensibilisation et campagnes de proximité dans les quartiers, villages et villes. Cette stratégie de maillage territorial a permis de maintenir une présence constante auprès des électeurs, transformant la campagne en une mobilisation nationale.
L’un des objectifs majeurs de ces mouvements était d’accroître le taux de participation. Lors d’un séminaire stratégique tenu à Cotonou en février 2026, ils s’étaient fixé l’ambition d’atteindre 75 %. Si ce seuil n’a pas été atteint, les efforts ont contribué à améliorer la participation par rapport à certaines consultations précédentes, notamment les législatives de janvier 2026, marquées par une faible mobilisation.
Sur le terrain, l’impact s’est traduit par une intensification des campagnes de sensibilisation. Des rassemblements simultanés ont été organisés dans plusieurs grandes villes comme Parakou, Abomey-Calavi et Natitingou, afin d’encourager les citoyens à accomplir leur devoir civique. Cette mobilisation multisectorielle a favorisé un effet d’entraînement, créant une dynamique collective autour de la candidature du duo Wadagni-Talata.
Par ailleurs, la structuration en réseaux de ces mouvements a permis une diffusion rapide des messages de campagne. En s’appuyant sur des leaders d’opinion locaux et des relais communautaires, ils ont instauré un climat de proximité et de confiance avec les électeurs. Cette stratégie de communication horizontale, combinée à des actions intensives sur le terrain, a contribué à consolider l’avance du candidat.
Enfin, ces mouvements ont joué un rôle psychologique en donnant l’image d’une candidature largement soutenue. Cette perception d’une « vague irrésistible » a influencé une partie de l’électorat, renforçant la dynamique en faveur de la mouvance présidentielle.
Au total, le rôle des mouvements de soutien apparaît comme central. Véritables courroies de transmission entre le candidat et les populations, ils ont transformé une campagne électorale en une mobilisation populaire d’envergure nationale, contribuant de manière décisive au score historique du 12 avril 2026.
Th.A.







