Originaire du Bénin, Worou Adéyika Fréjus incarne la réussite par le mérite. De ses débuts à Parakou à son admission à l’Université Mohammed VI Polytechnique au Maroc, son parcours illustre la force du travail, des opportunités bien saisies et d’une ambition solidement ancrée.
Worou Adéyika Fréjus, béninois d’origine, a grandi à Parakou où il a construit les bases de son parcours académique. Aujourd’hui en troisième année de formation en architecture à la School of Architecture in Design de l’Université Mohammed VI Polytechnique, il poursuit avec détermination un rêve nourri depuis ses années de lycée.
C’est dans son lycée à Parakou que son destin prend un tournant décisif. Repéré parmi les meilleurs élèves, il est contacté par l’administration de son lycée qui lui présente une opportunité de bourse d’études au Maroc. Une occasion qu’il saisit avec sérieux et ambition. Le processus d’admission se révèle exigeant. Fréjus passe d’abord un test en ligne, suivi d’un entretien. Grâce à sa préparation et à ses performances académiques, il franchit cette première étape avec succès. Il doit ensuite constituer un dossier suite à cette bourse sociale, une étape déterminante qui nécessite la fourniture de plusieurs documents. Là encore, sa rigueur et sa persévérance portent leurs fruits.
Admis, il rejoint finalement l’Université Mohammed VI Polytechnique, où il s’engage dans un cursus exigeant en architecture. Son parcours témoigne non seulement de son mérite personnel, mais aussi de l’importance des dispositifs d’accompagnement des jeunes talents.
À travers son histoire, Woro Adéyika Fréjus rappelle que les opportunités existent et que, lorsqu’elles sont saisies avec détermination, elles peuvent transformer des trajectoires et ouvrir les portes de l’excellence. Entretien.
Veillez vous présenter
Je m’appelle Worou Adéyika Fréjus. Je suis béninois d’origine et j’ai grandi à Parakou. Actuellement je suis en cycle de formation d’architecte en 3 ème année à la faculté de school of architecte in design de l’Université Mohamed VI polytechnique.
Comment êtes-vous arrivé à intégrer cette prestigieuse université?
Pour savoir comment j’ai intégré cette université, j’ai pris connaissance de l’existence de l’université par mon lycée à Parakou. La direction du lycée a pris contact avec les meilleurs élèves de l’établissement et à décider de leur parler de l’opportunité de bourse pour le Maroc et je faisais partie de ces meilleurs élèves. C’est comme ça que j’ai pris connaissance de l’existence de l’université. Et j’ai postulé en passant le test en ligne suivi d’un entretien. Par la suite, j’ai réussi le test et l’entretien qui étaient la première étape. Ensuite, il fallait soumettre mon dossier de bourse puisqu’il s’agissait d’une bourse sociale et il y avait des documents à fournir pour cette deuxième étape, chose que j’ai eu à faire. Et c’est comme ça je suis venu à l’université pour mon Master
Vous êtes inscrit dans un cursus de Master. Pouvez-vous nous expliquer comment il est structuré ?
Il s’agit en réalité d’un cursus complet de six ans équivalent à un Master. La formation est progressive et permet d’acquérir à la fois des compétences théoriques et pratiques dans le domaine de l’architecture.
Quels conseils donneriez-vous à d’autres jeunes béninois qui souhaiteraient suivre la même voie ?
Le processus s’est déroulé en deux grandes étapes. D’abord, il fallait passer un concours. J’ai reçu un mail m’invitant à composer en ligne, avec également une prise de contact avec l’administration. Après la réussite à cette étape, j’ai été déclaré admis. Ensuite, il fallait constituer et soumettre un dossier administratif assez exigeant. Cette phase a été particulièrement difficile pour moi, car certains documents n’étaient pas facilement accessibles. Mais avec de la persévérance et beaucoup de détermination, j’ai pu réunir les pièces demandées et finaliser mon inscription. Je conseille aux jeunes intéressés de croire en leurs capacités, de ne pas hésiter à postuler, même en cas de doute, et surtout de bien se préparer aux exigences administratives.
Justement, quels sont ces documents exigeants dont vous parlez ? Et quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
I Il s’agit principalement de documents administratifs délivrés par l’État. Par exemple, au Maroc, on demande une attestation de revenus. Au Bénin, son équivalent est le quitus fiscal, qui est souvent difficile à obtenir. C’est ce genre de formalités qui constitue parfois un véritable obstacle pour les candidats.
Vous avez choisi cette filière par passion. Quels sont aujourd’hui les débouchés qu’offre la formation en architecture, que ce soit au Bénin ou à l’international ?
L’université met un accent particulier sur l’insertion professionnelle. Elle facilite l’accès à des stages dans de grandes entreprises marocaines, ce qui constitue une excellente opportunité pour acquérir de l’expérience. Il faut aussi préciser que nous formons une seule promotion sur les six années, ce qui permet un meilleur suivi des étudiants. Nous sommes régulièrement mis en relation avec des entreprises nationales, où nous effectuons des stages de plusieurs mois. Ces stages servent souvent d’évaluation et peuvent déboucher sur des opportunités professionnelles.
À l’international, l’université offre également des perspectives intéressantes, notamment pour ceux qui souhaitent poursuivre en doctorat, avec des possibilités au Canada, par exemple.
Concrètement, quel est le rôle d’un architecte ?
Le rôle de l’architecte est de concevoir et d’organiser les espaces. Il analyse un environnement donné afin d’identifier ses besoins et ses insuffisances, puis propose des solutions adaptées. Il ne s’agit pas seulement de construire, mais aussi de penser l’usage des espaces en fonction des personnes qui y vivent ou y travaillent. L’architecte est donc à la fois un technicien, un créatif et un analyste.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite devenir architecte ? Quelles sont les matières essentielles à maîtriser ?
Pour réussir dans ce domaine, il est important d’être solide en mathématiques, car elles interviennent dans plusieurs aspects techniques. Il faut également travailler sur le développement personnel, notamment la capacité à s’exprimer clairement et à défendre ses idées. Par ailleurs, il est essentiel d’avoir des aptitudes en arts plastiques. Cela aide énormément dans la conception et la créativité.
Quand vous parlez d’arts plastiques, faites-vous référence à l’aspect industriel ou technique ?
Pas uniquement. Aujourd’hui, il existe de nombreux logiciels qui facilitent le dessin technique. Cependant, pour développer une véritable capacité de conception, il faut aller au-delà des outils numériques. Il faut cultiver son sens artistique, sa créativité et sa capacité à imaginer.
Pour finir, que diriez-vous de votre université ? La recommanderiez-vous à d’autres jeunes africains ?
Je dirais que c’est une université très ouverte et diversifiée. On y rencontre des étudiants venus de différents pays, ce qui favorise une véritable cohésion internationale et un enrichissement mutuel. Le cadre de travail est agréable, et la vie sur le campus est très dynamique. Il existe de nombreuses activités sportives ; football, basketball, volleyball, entre autres ; qui permettent aux étudiants de se détendre et de créer des liens.
Après les exigences académiques, ces moments de détente sont essentiels pour l’équilibre de l’étudiant. C’est pourquoi je recommande vivement cette université à tous les jeunes africains qui souhaitent bénéficier d’une formation de qualité dans un environnement stimulant.
