Selon le rapport du Collectif “All Eyes on Wagner“, une dizaine de béninois se trouvent enrôlés par l’armée russe pour combattre en Ukraine. Alors qu’il serait répertorié au moins 1417 africains provenant de 35 pays, tous enrôlés par l’armée russe, des béninois font partie de cette aventure, renseigne une enquête menée par des experts en cybersécurité et des universitaires, mobilisés au sein du Collectif.
Une dizaine de béninois recrutés par l’armée russe et déployés au front en Ukraine. C’est ce que révèle le rapport intitulé “le commerce du désespoir“, abondamment relayé par des médias internationaux et africains. Selon les données renseignées par le Collectif Alle Eyes on Wagner, depuis 2023, environ 1417 africains provenant de 35 pays seraient enrôlés par l’armée russe et déployés au front en Ukraine. Sur la base des recherches en Open sources, le collectif documente et rend publique une liste de noms. Cette liste, obtenue par le groupe d’investigation via le programme ukrainien « Je veux vivre », qui encourage à la reddition, donne une idée de l’ampleur des recrutements sur le continent africain.
Quinze (15) béninois au moins seraient enrôlés entre 2023 et 2025 par l’armée russe sur plus de 1417 africains répertoriés, selon le rapport qui renseigne également sur la stratégie de recrutement mise en place à cet effet. Le rapport identifie également une recrue béninoise du nom R. M et précise son numéro d’immatriculation. Ce dernier aurait même diffusé une vidéo sur son compte Facebook, proposant des visas d’étudiant, de tourisme et de travail pour la Russie. Quelques recherches sur le net ont effectivement permis de constater qu’il a posté des images de lui en compagnie des soldats russes.
Evoquant l’évidence d’un risque de “pénurie d’hommes“ à laquelle ferait face la Russie dans cette guerre, le rapport mentionne que la stratégie de recrutement se fondait sur les vulnérabilités socio-économiques persistantes des cibles. Les recruteurs ciblent une jeunesse aspirant à suivre des études supérieures ou des chercheurs d’emploi à l’étranger, mais aussi des candidats à l’émigration irrégulière, précise le rapport. Selon les propos rapportés de Lou Osborn, membre du Collectif, bien que certains aient intégré l’armée russe sans vraiment s’y attendre, d’autres ont choisi volontairement de s’y engager car ayant des besoins économiques et seraient prêts à tout risquer y compris leur vie.
Un vrai dispositif de communication serait déployé en appui à la stratégie mise en branle. « Le processus de recrutement pour rejoindre l’armée consiste à obtenir un visa de touriste pour la Russie d’après plusieurs posts en ligne. Des agences de voyage proposent même des procédures accélérées pour obtenir un visa pour la Russie en moins de deux semaines. Certaines agences offrent la possibilité d’acheter la lettre d’invitation, clé du visa de touriste. Les promesses des recruteurs sont alléchantes mais varient suivant les annonces, les offres et le temps…Une naturalisation russe accélérée pour chaque candidat au bout de 3 à 6 mois de service » renseigne le rapport.
Selon les données du rapport, les contingents les plus importants proviennent d’Égypte (361 hommes), du Cameroun (335 hommes) et du Ghana (234 hommes). Le Bénin se trouve cité dans le rapport avec une quinzaine d’hommes qui seraient déployés au front en Ukraine. « La moyenne d’âge observée chez les recrues africaines est de 31 ans avec une plus forte représentation de la catégorie 18-25 ans avec 150 ressortissants recensés, le plus âgé a 57 ans, ressortissant égyptien, le plus jeune est âgé de 18 ans et est ghanéen » lit-on dans le rapport.
Des béninois sont-ils réellement enrôlés ? Comment en sont-ils arrivés là ? Autant de questions qui taraudent les esprits. Et si des gouvernements africains à l’image du Ghana ou encore de l’Afrique du sud commencent déjà à hausser le ton, les autorités béninoises ne devraient pas rester longtemps, indifférentes.
Henoc MBOUANGA
